‹ Lettres choisiesChapitre 221 sur 456 · LETTRE CXI.— A L'AMIRAL BYNG · texte numérisé non relu

LETTRE CXI.— A L'AMIRAL BYNG

Monsieur, quoique je vous sois presque inconnu^ je pense qu'il est de mon devoir de vous envoyer une copie de la lettre que je viens de recevoir de M. le maréchal de Richelieu ; l'honneur, l'humanité, l'équité m'ordonnent delà faire passer entre vos mains*. Ce témoignage si noble et si inattendu de l'un des plus sincères et des plus généreux de mes compatriotes me fait présumer que vos juges vous rendront la môme justice ^ Je suis avec respect, etc.

1. t Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n'y en a quune qui soit la bonne;... tout ce qui ne l'est point est faible, et ne satisfait point un homme d'esprit qui veut se faire entendre... C'est celle qui est lapins simple, la plus naturelle, qui semblait devoir se présenter d'abord et sans effort.» 'La Bruyère, des Ouvrages de l'Esprit.)

2. Amiral anglais, battu par les Français dans les eau.x de Minorque, le 20 mai. En vertu d'une loi édictée sous Charles II, il fut condamné par une cour martiale à être t arquebuse. »

11 subit cette peine le 14 mars 1757 11 avait 53 ans. Celte lettre est du 2oa du 3 janvier, comme ie prouve celle que Voltaire écrivit à la même date au duc de Richelieu.

3. Voltaire l'avait connu en Angleterre, durant son e.xil, de 1726 à 172S.

4. C'est Voltaire lui-même qui, en apprenant le procès fait à l'amiral, avait sollicité en sa faveur, et dans l'espoir de le sauver, le témoignage du vainqueur.

5. Dans celte lettre, Richelieu louait la conduite et les dispositions de l'amiral anglais, altribuaut à « la for-

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