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2. Chambellan de lu tzarine Elisabeth qui le chargea de diriger le propres des arts on Russie. Né en 1727, il mourut en 1798. Ce comte séjourna longtemps à Paris, et fut, plus tard, en correspondance littéraire avec La Harpe. Il inséra dans différents recueils plusieurs pièces de vers français assez agréables.
3. La tzarine Elisabeth, fille de Pierre le Grand, née en 1709; elle réjîn.i de 1741 à 1702. Elle a fondé l'Université de Moscou et l'Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg.
4. Pierre le Grand, né en 1672, régna de 1782 à 1725. Voltaire commençait à écrire son Histoire qui fut achevée en 1763.
gulières qu'elle entretenait, et celui qu'elle entretient ; quel a élé son commerce, et comment il s'est étendu ; quels arts * sont nés dans le pays ; quels arts y ont été appelés d'ailleurs, et s'y sont perfectionnés; quel était à peu près le revenu ordinaire de l'Etat, et à quoi il monte aujourd'hui ; quelle a été la naissance et le progrès de la marine; quelle est la proportion du nombre des nobles avec celui des ecclésiastiques et des moines, et quelle est celle de ceux-ci avec les cultivateurs, etc.
On a des notions assez exactes de toutes ces parties qui composent l'État, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Espagne. Mais un tel tableau de la Russie serait bien plus intéressant, parce qu'il serait plus nouveau, parce qu'il ferait connaître une monarchie dont les autres nations n'ont pas des idées bien justes, parce que enfin ces détails pourraient servir à rendre Pierre le Grand, l'Impératrice, sa fille, et votre nation, et votre gouvernement, plus respectables. La réputation a toujours été comptée parmi les forces véritables des royaumes. Je suis bien loin de me flatter d'ajouter à cette réputation ; ce sera vous, monsieur, qui ferez tout en m'envoyant les mémoires que vous voulez bien me faire espérer, et je ne serai que l'instrument dont vous vous servirez pour travailler à la gloire d'un grand homme et d'un grand empire.
Je vous avoue, monsieur, que les médailles sont de trop. Je suis confus de votre générosité, et je ne sais comment m'y prendre pour vous en témoigner ma reconnaissance. Je sens tout le prix de votre présent ; mais un présent non moins cher sera celui des mémoires qui me mettront nécessairement en état de travailler à un ouvrage qui sera le vôtre.
1. Ce nom est pris ici dans son sens le plus étendu; il s'applique nonseulement aux beaux-arts, mais aux métiers qui exigent une grande habileté et beaucoup de délicatesse dans
l'exécution. U a le sens du latin artes. Nous verrons plus loin, dans une autre lettre. Voltaire employer l'expression artistes pour désigner les ouvriers de certaines industries.
LETTRE CXVll. — A FRÉDÉRIC II, ROI DE PRUSSE*. 1 Octobres 1757.
Sire, votre Epître d'Erfurt' est pleine de morceaux admirables et touchants*. 11 y aura toujours de très belles choses dans ce que vous ferez et dans ce que vous écrirez. Souffiez que je vous dise ce que j'ai écrit à son Altesse Royale votre digne sœur% que cette E pîtve ÏQVii verser des larmes si vous n'y parlez pas des vôtres. Mais il ne s'agit pas ici de discuter avec Votre Majesté ce qui peut perfectionner ce monument d'une grande âme et d'un grand génie; il s'agit de vous et de l'intérêt de toute la saine partie du genre humain, que la philosophie attache à votre gloire et à votre conservation.
Vous voulez mourir^ ; je ne vous parle pas ici del'horreur douloureuse que ce dessein m'inspire. Je vous con-
1. Frédéric et Voltaire depuis raventnre de Francfort (juin 1753) s'étaient réconciliés. La date de cette réconciliation plus ou moins sincère, ménagée par la margrave de Bayrculh, sœur du roi et amie du poète, peut se rapporter aux derniei'S mois de 1753 ou au commencement de 1754. Le poète craignait que les ressentiments du roi n'eussent à Versailles leur contre-coup; et le roi appréhendait les représailles que le poète exercerait certainement, par devant le tribunal de l'opinion publique. Leur correspondance se renoua, mais faiblement, un an après que Voltaire eût quitté la Prusse; il parait même qu'en 1756, Frédéric tenta de séduire do nouveau Voltaire et de le ramener à Berlin. Au moment où les alFaires de ce prince semblaient désespérées, vers la lin de l'été de 1757, Voltaire reçut de lui la copie d'une longue épitrc en vers qu'il venait d'écrire, ;i Erfurtb, eld'adresser au marquis d'Argens, le 23 septembre. Frédéric y annonçait la résolution prise de se dérober par le suicide aux conséquences probables et prochainf^s de ses désastres.
2. Voici quelle était, à cette époque, la situation du roi de Prusse. Battu à
KoUin, le 18 juin 1757, il avait été chassé de la Bohème; son deuxième corps d'armée avait été détruit à Landshut ; les Russes battaient ses lieutenants, les Autrichiens rançonnaient Berlin; d'Estrées et Richelieu lui avaient enlevé l'appui des Anglo- Hanovriens par la victoire d'Hastenbeck et par la convention de Closter- Zcven. L'armée de Richelieu menaçait Magdebourg et celle de Soubise menaçait la Saxe.
3. Capitale de la Thuringe qui dépendait de l'électorat de Mayence cl était sous la protection des princes de Saxe. Les Prussiens l'occupèrent pendant la guerre de Scpt-Ans.