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V. page 53, note

3. L'abbé de Bernis, ministre des affaires étrangères. — Né en 1715, Bernis dut sa haute fortune à l'amitié de M""» de Pompadour. 11 fut remplacé en !7o8 par le duc de Choiseul, après avoir reçu le chapeau de cardinal. Exilé dans aes abbayes, pendant

six ans, il fut nommé archevêque d'Albi, puis ambassadeur à Rome en 1769. Il mourut en Italie, à soixantedix-neuf ans, en 1794.

4. Au moment où Frédéric semblait perdu, Voltaire, par l'intermédiaire de la marquise de Bayreuth, du duc de Richelieu, et du cardinal de Tencin, oncle de d'Argental, avait tenté de réconcilier ce roi avec la cour de France et de ménager une paix utile à la Prusse, mais glorieuse et avantageuse pour la France. La défaite de Rosbach et l'engouement de M°"= de Pompadour pour l'alliance autrichienne firent échouer ces tentatives.

5. Charles de Rohan, prince de Soubise, commandait à Rosbach l'armée française et les contingents de nos alliés allemands. Complaisant dévoué de M"« de Pompadour, ami particulier du roi, adversaire du maréchal de Broglie et de nos meilleurs généraux, la faveur royale le soutint contre la révolte de l'opinion publique et le mécontentement des soldats. Malgré sa défaite à Rosbach, il n'en fut pas moins nommé maréchal de France.

Né en 1715, il mourut en 1787.

LETTRliS CHOISIES

général Mtirscliall* entrait de son côté clans le Brandebourg. Nous voilà renvoyés bien loin, avec une lionto qui n'est pas courte. Figurez-vous que, le soir de la bataille, le roi de Prusse, soupant dans un chiiteau voisin chez une bonne dame, prit tous ses vieux draps pour faire des bandages à nos blessés. Quel plaisir pour lui ! que de générosités adroites, qui ne coulent rien et qui rendent beaucoup ! et que de bons mois, et que de plaisanteries! Cependant je le liens perdu, si on veut le perdre et se bien conduire. Mais qu'en reviendra-t-il à la France? de rendre l'Autriche plus puissante que du temps de Ferdinand 11% et de se ruiner pour l'agnindir ! Le cas est embarrassant. Point deFatiime^ quand on nous bat et qu'on se moque de nous ; attendons des hivers plus agréables. Bonsoir, mon divin ange.

Nota bene que ce que j'ai confié à M. L. de B. prouve que le roi de Pj'usse était perdu, si on s'était bien conduit. Ce n'est pas là chercher à déplaire à Marie-Thérèse* , et ce que j'ai mandé méritait un mot de réponse vague, un mot d'amitié.

LETTRE CXIX. — A M. DARGET 5,

A Lausanne 6, 8 janvier 1758.

Vous me demandez, mon cher et ancien compagnon de

1. Général autrichien, posté à Bautzen, d'où il menaçait la province de Brandebourg, c'esl-à-dire, le cœur même do la monarcliie prussienne, et Berlin, qu'un autre général autrichien Haddick -^nl et rançonna.

2. Neveu de Charles-Quint, couronné roi de Bohême en 1617, roi de Hongrie en 1618, et élu empereur en 1019. 11 eût pour généraux Wallenstein, Tilly et Gallas. Il mourut en

3. Titre nouveau donné à la tragédie de Zulirue dans les transformations successives que Voltaire fit suhir à cette pièic. Zuliine avait été jouée à Paris eu 1740; elle reparut au théâtre français en 1761.

4. Quelques jours plus tard. Voltaire écrivait au Lan((nier Troucliin :

«Ce que Ton craint leplua à Versailles,

après le feu roulant, c'est de donner le plus léger ombrage à l'impératrice. B (Lettre du 7 décembre 17;i7.) — Le 14 novembre, neuf jours après la bataille de Ilosbach, Bernis écrivait ofûciellcment à Choiseul, ambassadeur à Vienne : « Malgré cette disgrâce que le roi ressent en père de ses sujets et en fidèle allié, notre courage el notre constance ne feront que redoubler; leurs majestés impériales nous en ont donné l'exemple, et nous sommes résolus de le suivre. » {Corresp. difdomatiquc maniiftcrite. Bibliothèque nationale, n" 7134.)

5. Ancien lecteur et secrétaire de Frédéric. Uarget habitait alors Paris.

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