LETTRE IX. — A M. J.-B. ROUSSEAU
23 janvier 1722.
M. le baron de BreteuiP m'a appris, monsieur, que vous vous intéressez encore un peu à moi, et que le poème de Henri IV^ ne vous est pas indifférent; j'ai reçu ces marques de votre souvenir avec la joie d'un disciple tendrement attaché à son maître*. Mon estime pour vous, et le besoin que j'ai des conseils d'un homme seul ca^ pable d'en donner de bons en poésie, m'ont déterminé à vous envoyer un plan que je viens de faire à la hâte de mon ouvrage : vous y trouverez, je crois, les règles du poème épique observées.
Le poème commence au siège de Paris, et finit à sa prise ^ ; les prédictions faites à Henri IV, dans le premier
d'Ussé aimait les poètes et faisait lui-même des vers. Il ût bon accueil à Voltaire comme à J.-B. Rousseau, et le protégea auprès du régent, iors de son premier exil à Sulli en 1716.
« D'L'ssé, nous dit le président Hénault, est un homme d'esprit, d'une humeur charmante, aussi distrait que le Mènalque de La Bruyère, la bonté même; il a une plaisante idée de lui: il s'imagine n'avoir été créé que pour les autres. » — Mémoires, p. 182.