‹ Lettres choisiesChapitre 26 sur 456 · Voyez page 8, note · texte numérisé non relu

Voyez page 8, note

2. Le 'baron de Breteuil, avec le comto du Luc, ambassadeur de France en Suisse, était l'un des principaux protecteurs de Rousseau. Le régent, sur sa demande, avait accordé, en 1716, des lettres de rappel à l'exilé qui les refusa. " U no s'agit pas pour moi, répondit Rousseau, de retourner en France, mais de confondre l'imposture qui m'a noirci et de me mettre en état de paraître devant les hommes comme je paraîtrai un jour devaiit Uieu. »

3. Voltaire préparait alors la première édition de ce poème f.l lui cherchait des soutiens. Un libraire de La

Haye annonçait cette même année, dans la Gazette de Hollande, un projet de souscription à Henri IV ou La Lifjue ; l'impression devait commencol le 1*'' avril ilt'i et se terminer en six mois. Voltaire apprit bientôt que cette première édition ne serait pas autorisée en France; il renonça, pour le moment, à ce projet.

4. Bien que Voltaire, dans une lettre à La Faie en 1716, eût maltraité Rousseau, que La Faie n'aimait pas, il ne s'était pas encore déclaré publiquement contre le poète exilé; les éloges que Rousseau avait faits de ses brillants débuts en poésie, et qui lui avaient été rapportés, avaient au contraire excité dans son cœur des sentiments de reconnaissance qui éclatent dans cette lettre de 1722. — Après la représentation ù'Œdipe, en 1718, Voltaire avait envoyé si tragédie ù Rousseau qui l'en remercia par une lettre des plus flatteuses, qu'on a conservée. (Lettres sur différents sujets, etc., t. II, p. 280-290.)

.^. C'est en 1714, au château dj Saint-Ange, près Fontainebleau, chci

chant, s'accomplissent dans tous les autres; l'histoire n'est point altérée dans les principaux faits, les fictions y sont toutes allégoriques; nos passions, nos vertus et nos vices y sont personnifiés; le héros n'a de faiblesses que pour faire valoir davantage ses vertus. Si tout cela est soutenu de cette force et de cette beauté continue de la diction, dont l'usage était perdu en France sans vous, je me flatte que vous ne me désavouerez point pour votre disciple. Je ne vous ai fait qu'un plan fort abrégé de mon poème, mais vous devez m'entendre à demi-mot; votre imagination suppléera aux choses que j'ai omises. Les lettres que vous écrivez à M. le baron de Breteuil me font espérer que vous ne me refuserez pas les conseils que j'ose dire que vous me devez. Je ne me suis point caché de l'envie que j'ai d'allc-r moi-même consulter mon oracle. On allait autrefois de plus loin au temple d'Apollon, et sûrement on n'en revenait point si content que je le serai de votre commerce. Je vous donne ma parole que, si vous allez jamais aux Pays-Bas % j'y viendrai passer quelque temps avec vous. Si même l'état de ma fortune présente me permettait de faire un aussi long voyage que celui de Vienne, je vous assure que je partirais de bon cœur, pour voir deux hommes aussi extraordinaires dans leurs genres que M. le prince Eugène^ et vous. Je me ferais un véritable plaisir de quitter Paris, pour vous réciter mon poème devant lui à ses heures de loisir. Tout ce que j'entends dire ici de ce prince à tous ceux qui ont l'honneur de le voir me le fait comparer aux grands hommes de l'antiquité. Je lui ai rendu, dans mon sixième

M. de Caumartin, dont son père avait été le notaire, que le jeune Arouet conçut la première idée de la Henriade. M. de Caumartin, dont Saint- Simon a dit « qu'il savoit tout en histoire, en généalogies, en anecdotes de cour », était un admirateur passionné d'Henri IV et du sage Rosny.

11 ne tarissait pas sur ce chapitre. Son enthousiasme se communiqua à Voltaire, comme l'attestent les lettres écrites par celui-ci, en vers et en prose, en 1716.

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