Conseiller au parlement de
Rouen, bel esprit et poète, il avait été aussi, dans sa jeunesse, l'un des amis de Voltaire. Voir page 53, note 2.
3. Avec le président Hénault, Formont fut l'ami le plus essentiel de la marquise du Dedand, qui goûtait en lui un caractère sûr, une parfaite sincérité, une raison toujours maîtresse d'elle-même, éloignée de tout excès, exempte de pédantisme et de déclamation. Il J'ai eu un ami. M. de Formont, pendant trente ans; je l'ai perdu )), écrivait la marquise à Horace Walpoie en 1767.
4. Le bruit de la mort de Voltaire avait couru à Paris quelques mois auparavant, témoin ces vers qu'il jidressait à d'Alembert, le 25 mars 1758 :
Vous m'apprenez que je suis mort, Je le crois, et j'en suis bien aise; Dans mon tombeau, fort à mon aise, De flos vivants, je plains le sort.
Loin du séjoni' de la folie, iJes rois sa^jernent séquestré, l'apprends à jouir de la vie, iJu jour que je fus enterré.
repos est le vrai bien, et que la campagne est le vrai séjour de l'homme.
Le roi de Prusse me mande quelquefois que je suis plus heureux que lui; il a vraiment grande raison ; c'est même la seule manière dont j'ai voulu* me venger de son procédé avec ma nièce et avec moi^ La douceur de ma retraite, madame, sera augmentée en recevant une lettre que vous aurez dictée^; vous m'apprendrez si vous daignez toujours vous souvenir d'un des plus anciens serviteurs qui vous restent.
Vous voyez, sans doute, souvent M. le président Hénault*; l'estime véritable et tendre que j'ai toujours eue pour lui me fait souhaiter passionnément qu'il ne m'oublie pas.
Je ne vous reverrai jamais, madame^; j'ai acheté des terres considérables autour de ma retraite; j'ai agrandi mon sépulcre. Vivez aussi heureusement qu'il est possible ; ayez la bonté de m'en dire des nouvelles. Vous êtesvous fait lire le Père de famille^? cela n'est-il pas bien comique? Par ma foi, notre siècle, est un pauvre siècle auprès de celui de Louis XIV; mille raisonneurs et pas un seul homme de génie; plus de grâces, plus de gaieté"^ ;
1. Ordinairement, avec le seul, la seule, le verbe se met au subjonctif.
Toutefois l'Académie admet quelques exceptions à cette règle, et l'emploi de l'indicatif donne, ici, à l'expression de la pensée un sens afûrmatif.