M""* du Deffand était aveugle depuis
4. La liaison de M"" du Deffand avec le président Renault dura quarante ans de 1730 à 1770, époque de la mort du président. Vers la tin, le président était devenu sourd, et M"" du Deffand écrivait à Voltaire : « 11 voit pour moi, j'entends pour lui et nous traînons notre misérable vieillesse » (1765). A cette même date, H. Waipole écrivait à l'un de ses amis d'Angleterre : « Le président Hénault est la pagode de chez M"»" du Deffand, une vieille aveugle, chez qui je soupe souvent. »
5.Prédiction qui ne s'est pas accoraolie : Voltaire revit la marquise et la
visita, au mois de mars 1778, à Paris.
6. Drame de Diderot, en cinq actes et en prose, publié en 1738, représenté en 1761. La marquise avait peu de goût pour Diderot; celui-ci parut une seule fois dans son salon, et n'y revint plus. « Diderot a eu assez d'une visite, écrivait-elle en 1733; je n'ai point d'atomes accrochants. »
7. C'est ce que disait aussi M""* du Deffand : « Nos écrivains d'aujourd'hui ont des corps de fer, non pas en fait de satité, mais en fait de style... Il n'y a plus de gaieté, monsieur (c'est à Voltaire qu'elle écrit), il n'y a plus de grâces. Les sots sont plats et froids, ils ne sont point absurdes et extravagants comme ils étaient autrefois. Les gens d'esprit sont pédants, corrects, sentencieux. Il n'y a plus de goût non plus: enfin, il n'y a rien, les tètes sont vides, et l'on veut que les bourses le deviennent aussi. » (T. r, 243.)
la disette d'hommes en tout genre fait pitié. La France subsistera; mais sa gloire, mais son bonheur, son ancienne supériorité... qu'est-ce que tout cela deviendra*? Digérez % madame, conversez^ prenez patience, et recevez, avec votre ancienne amitié, les assurances tendres et respectueuses de l'attachement du Suisse Voltaire.