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Tancrède, qui débute ainsi

Illustres chevaliers, vengeurs de la [Sifile, etc.

5. Le marquis de Contadcs, né en 1701, au château de MontgeoflVoy, en Anjou, avait remplacé le comte de Cleimont comme général en chef de l'armée française qui opérait dans la Hesse et le Hanovre. Il fut défait à Minden le l" août 1759, par Ferdinand de Brunswick. On ravait sur-

vin * , mène à la boucherie tous les descendants de nos anciens chevaliers, et leur fait attaquer quatre-vingts pièces de canon, comme don Quichotte attaquait des moulins à vent*! Cette horrible journée perce l'âme. Je suis Français à l'excès, surtout depuis mon beau brevet ^, dont j'ai l'obligation à vous, mes divins anges, et à MM. de Choiseul. Luc (vous savez qui est Luc'') donne probablement bataille aux Autrichiens et aux Russes, au moment que j'ai l'honneur de vous écrire; du moins il m'a mandé que c'était sa royale intention ^ S'il est battu, comme cela peut arriver, quelle honte pour nous de l'avoir été par ce prince de Brunswick! Je voudrais que vous connussiez ce prince, vous seriez bien étonnée, et vous diriez : « Il faut que les gens qu'il bat soient de grands imbéciles ^ » La vérité du fait est que toutes ces troupes-là sont mieux disciplinées que les nôtres. Quiconque ne suivra pas entièrement les maximes du maré-

nommé l'apothicaire, à cause de sa mauvaise mine. Les Français perdirent gept mille horamîs dans cette affaire.

1 . Allusion au massacre des Français en Sicile, sous la royauté de Charles d'Anjou, en 1282.

2. La cavalerie française, à Minden, fut écrasée par l'artillerie et la mousqueterie prussiennes.

3. Le brevet qui affranchissait Ferney et Tournay de toute imposition.

Le remerciment de Voltaire à d'Arpental est du 3 juin 1759. — MM. de Choiseul, c'est-à-dire le duc et le comte de Choiseul. Celui-ci, comte de Choiseul-Pras!in, né en 1712, avait succédé en 1758 à son cousin, le duc de Choiseul, comme ambassadeur extraordinaire à Vienne. Il fut nommp ministre des affaires étrangères en 1760, créé duc et pair en 1763, et prit le ministère de la marine en 1666. Il tomba avec son parent, le célèbre Choiseul, en 1770.

4. C'est dans une lettre de Voltaire à M"» de Fontaine, sa nièce (18 juillet 1757), qu'il est question, pour la première fois, du sobriquet de Luc appliqué à Frédéric II. Voltaire avait un singe qu'il appelait « Luc »; il trouva plaisant de donner le même nom au roi de Prusse. L'Italien Bettinelli lui en témoignant un jour sa

surprise : « Ne voyez-vous pas, Monsieur, lui répondit Voltaire, que mon singe mord tout le monde? » et il se mit à rire. [Opère, Venezia, 1801.) — Une autre origine de ce surnom, assez saugrenue et fort injurieuse, est indiquée par M. Desnoiresterres,. T. V, p. 150. Nous ne croyons pas devoir la reproduire ici.

5. Il les avait, en effet, attaqués, trois jours auparavant, le 12 août, à Kunersdorff, dans le Brandebourg, près de Francfort-sur-l'Oder, où il avait été battu par les généraux russe et autrichien Soltikoff et Landon. L'armée prussienne perdit 165 canons et la moitié de son effectif, qui était de 45,000 hommes. Frédéric adressa, du champ de bataille, cette dépêche à Berlin : « Faites quitter Berlin à la famille royale, et que la ville s accommode avec rennemi aux meilleures conditions possibles. » Il pensa, un moment, à se servir du poison qu'il portait sur lui, et écrivit à ses amis : « Tout est perdu, je ne survivrai pas à la ruine de mon pays, adieu pour jamais. » — Les lenteurs et l'hésitation des vainqueurs le sauvèrent en lui permettant de reconstituer son armée.

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