Comédie de Voltaire, jouée avec succès eu
5. Allusion à la lettre à d'Alembert sur les spectacles, écrite par J.-J.
Rousseau en 1758, A la demande de Voltaire, d'Alembert dans l'article Ge-
nève, composé pour V Encyclopédie, avait plaidé la cause du théâtre, proscrit par le consistoire de la république. Rousseau, qui était l'ami de plusieurs membres du consistoire, répondit à d'Alembert par sa Lettre, où il s'élève avec plus d'éloquence que de raison contre les spectacles.
6. Ménandre, surnommé le prince de la nouvelle comédie, par opposition à la comédie antique et aristophanesque, naquit près d'Athènes en ■i'ii et mourut en 290 avant J.-G. 11 avait composé un grand nombre de pièces dont il ne reste que des fragments. Il a servi de modèle aux poètes comiques latins et surtout à Térence. Boileau caractérise ainsi les changements apportés par Ménandre au théâtre comique :
Le théâtre perdit sou antique l'iueiu-; La comédie apprit à rire sans aigreiu-, Sans tiel et sans veain sut instruire et re- [prendre.
Et plut innocemment dans les vers de IMènandre.
(Art poétique, ch. 111,350.)
7. Varius, ami de Virgile et d'Horace, poète épique et tragique, auteur dun Thyeste que l'on comparait aux chefs-d'œuvre des Grecs.
Scriberis Varie fortis et hostium Victor, Mœonii caruiinis alite.
(Horace, Odes, I, v.)
Dilecti tibi Yirgiliiis Variu-siine poetœ.
(Id., Ep. n, ^, 277.)
Térence*, avec les Tabaiin^ et les Policliinelle' !
Mais que ceux-là sont encore plus à plaindre, qui admettent les Polichinelle et les Tabarin, et qui rejettent ]es Polyeucte, les Afhalie, les Zaïre et les Aizire ! Ce sont Là de ces contradictions où l'esprit humain tombe tous les jours.
Pardonnons aux sourds qui parlent contre la musique, aux aveugles qui haïssent la beauté; ce sont moins des ennemis de la société, conjurés pour en détruire la consolation et le charme, que des malheureux à qui la nature a refusé des organes.
Nos vero dulces leneant ante omnia Musse*...
J'ai eu le plaisir de voir chez moi, à la campagne, représenter Alzù^e, cette tragédie où le christianisme et les droils de l'humanité triomphent également. J'ai vu, dans Merope % l'amour maternel faire répandre des larmes, sans le secours de l'amour galant. Ces sujets remuent l'âme la plus grossière comme la plus délicate; et si le peuple assistait à des spectacles honnêtes, il y aurait bien moins d'âmes grossières et dures. C'est ce qui fit des Athéniens une nation si supérieure. Les ouvriers n'allaient point porter à des farces indécentes l'argent qui devait nourrir leur famille ; mais des magistrats appelaient, dans des fêtes célèbres, la nation entière à des
i. Térence, né en 19^ avant J.-C, mourut vers 159. On a de lui six comédies. Esclave africain affranchi par le sénateur Térentius Lucanus, il vécut dans l'intimité de Scipion Emilien et de Lélius.
Vincere Caecilius gravi tate, Terentiiis
[arte.
(Horace, Ep., i, 59.)
Contemplez de quel air tin père, dans Té-
[rence,
Vient d'un fils amonreux gourmander
[riiniirudence.
(BoiLEAU, Art 2>oétique, ch. LU, 413.)
2, Tabarin, bateleur du commencement du dix-septième siècle; il courut la ville et la province comme valet ou associé du charlatan Mondor. 11 débita longtemps ses quolibets 5ur le Pont-Neuf. Ses farces ont été
imprimées sous le titre de Questions et fantaisies tabariniques.
Apollon travepti devint nn Tabarin.
(BoiLEAUj Art iioét., ch. I, 86.) ...Et sans honte à Térence allier Tabarin (Id. ch. 111, 398.)
3. Polichinelle, acteur de farces napolitaines, qui jouait avec un demimasque brunâtre, ayant un grand nez en bec de poulet, pulcino, qui lui a valu son nom napolitain de la Pulcinel/a, d'où nous avons fait Polichinelle. Son origine date du dix-septième siècle. On croit que c'est une tradition du Macchus, parasite à grand nez busqué, poltron et gourmand, personnage des Atellanes.