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représentations qui enseignaient la vertu et l'amour de la patrie. Les spectacles que nous donnons chez nous sont une bien faible imitation de cette magnificence; mais enfin ils en retracent quelque idée. C'est la plus belle éducation qu'on puisse donner à la jeunesse, le plus noble délassement du travail, la meilleure instruction pour tous les ordres des citoyens ; c'est presque la seule manière d'assembler les hommespourles rendre sociables. Emollit mores^nec sinitesse feros*.
Aussi je ne me lasserai point de répéter que, parmi vous, le pape Léon X, l'archevêque Trissino, le cardinal Bibiena, et, parmi nous, les cardinaux de Richelieu et Mazarin ressuscitèrent la scène ^. Ils savaient qu'il vaut mieux voir V Œdipe ^ de Sophocle que de perdre au jeu la nourriture de ses enfants, son temps dans un café, sa raison dans un cabaret, sa santé dans des réduits de débauche, et toute la douceur de sa vie dans le besoin et dans la privation des plaisirs de l'esprit.
Il serait à souhaiter, monsieur, que les spectacles fussent, dans les grandes villes, ce qu'ils sont dans vos terres et dans les miennes, et dans celles de tant d'amateurs ; qu'ils ne fussent point mercenaires * ; que ceux qui sont à la tête des gouvernements fissent ce que nous fai-