‹ Lettres choisiesChapitre 274 sur 456 · Owïàe, Pontiques, Ep. IX · texte numérisé non relu

Owïàe, Pontiques, Ep. IX

2. Léon X, deuxième fils de Laurent de Médicis, dit le Magnifique, né en 1475, à Florence, cardinal à treize ans, élu pape en 1513, mort en io21.

Il mérita l'honneur de donner son nom à répoque brillante où l'Italie dominait et éclairait l'Europe par ses poètes, ses savants et ses artistes. — Trissino, né à Vicecce en 1478, mort en 1550, poêle et diplomate, passionné pour les lettres grecques et latines, auteur d'une épopée sur Bélisaire, d'une comédie des Ménechmes, de la tragédie de Sophonisbe (1515) et de quelques sonnets. — Bibbiena, né en 1470, mort en 1520, auteur d'une comédie, la Calandra, jouée en 1508.

C est la plus ancienne comédie moderne qui nous reste. Il fut secrétaire de Léon X. — Richelieu (1585-1642) ne se borna pas à protéger le théâtre, il fit une tragédie Âlirame, et une

grande pastorale. — Mazarin (1602 1661) introduisit l'opéra italien en France.

3. Voltaire parle de VŒdipe-Boi, qu'il avait lui-même imité, après Corneille et Senèque ; il y a aussi V Œdipe à Colone, sujet que les mode^n^s n'avaient pas encore traité, et qui l'a été plus tard par Ducis et M. J. Chénier.

4. Une œuvre mercenaire est celle qui se fait pour de l'argent. Voltaire voudrait que les spectacles ne fussent ni pour les auteurs ni pour les acteurs une affaire de gain, et que la ville ou l'Etat prit la dépense à sa charge.

Boileau a dit, à peu près dans le même sens, en parlant des poètes qui trafiquent de leur muse et « la mettent aux gages d'un libraire » :

Ils font d'un art divin un métier merce- [naire.

{Art poétique, IV, 132.)

sons et ce qu'ont fait tant de villes. C'est aux édiles * à donner les jeux publics ; s'ils deviennent une marchandise, ils risquent d'être avilis. Les hommes ne s'accoutument que trop à mépriser les services qu'ils payent. Alors l'intérêt, plus fort encore que la jalousie, enfante les cabales. Les Claveret ^ cherchent à perdre les Corneille, les Pradon veulent écraser les Racine.

C'est une guerre toujours renaissante, dans laquelle la méchanceté, le ridicule et la bassesse sont sans cesse sous les armes.

Un entrepreneur des spectacles de la Foire* tâche, à Paris, de miner les comédiens qu'on nomme italiens; ceux-ci veulent anéantir les comédiens français par des parodies ; les comédiens français se défendent comme ils peuvent; l'Opéra * est jaloux d'eux tous ; chaque compositeur a pour ennemis tous les autres compositeurs, et leurs protecteurs, et les maîtresses des protecteurs.

Souvent, pour empêcher une pièce nouvelle de paraître, pour la faire tomber au théâtre, et, si elle réussit, pour la décrier à la lecture et pour abîmer M'auteur, on emploie plus d'intrigues que les whigs ^ n'en ont tramé

1. A Rome, les édiles plébéiens et les édiles curules étaient chargés de présider les jeux publics et de les surveiller. La plupart de ces jeux étaient payés par l'Etat; les autres l'étaient par les édiles, ou par les jiaiticulierà qui les donnaient. De l'équinoxe du printemps à la fin d'octobre, époqiSe des jeux publics, plus, de 67 jours étaient consacrés à ces réjouissances, sans compter les fêtes de circonstance qui s'ajoutaient chaque année aux jeux dits sole)i7ieîs, dont le retour était fixe et périodique.

2. Claveret, d'abord ami, puis rival jaloux de Corneille; se li^rua contre lui avec Mairet et le déni^'ra. H est auteur d'un Bavissement de Proserpine (1039), et de quelques comédies, telles que, l'Esprit fort (1737), les Faux nobles (1665), etc. — Pradon, né en 1632, mort 1698. Les ennemis de Racine tentèrent de l'opposer à ce grand homme. Cette rivalité fit scandale.

3. V. pape 61, note 2. — Les comédiens i<a/fe?js; V. page 61, note 1.

Page 1