‹ Lettres choisiesChapitre 277 sur 456 · Ambroisie. Hur la forme de ce mot. V. page 37, note · texte numérisé non relu

Ambroisie. Hur la forme de ce mot. V. page 37, note

Dli VOLTAIRE.

LETTRE cxxxiv. — A M. DE LA MARCHE, Premier Président du Parlement de Bourgogne *.

Au château de Ferney, pays de Gex, 18 janvier 1761.

M. de Ruffei ', monsieur, m'a fait verser des larmes de joie en m'apprenant que vous vouliez bien vous ressouvenir ^ de moi, et que vous vous rendiez à la société, dont vous avez toujours fait le charme. Mon cœur est encore tout ému en vous écrivant. Songez-vous bien qu'il y a près de soixante ans que je vous suis attaché* ! Mes cheveux ont blanchi, mes dents sont tombées ; mais mon cœur est jeune ; je suis tenté de franchir les monts et les neiges qui nous séparent, et de venir vous embrasser. J'ai honte de vous avouer que je me regarde dans mes retraites comme un des plus heureux honmies du monde; mais vous méritez de l'être plus que moi; et je vous avertis que je cesse de l'être si vous ne l'êtes pas. Vous êtes honoré, aimé ; je vous connais une très belle âme, une âme charmante, juste, éclairée, sensible ; je peux dire de vous :

Gratia, fama, valetudo, contingit abunde... Quid voveat dulci nutricula majus alumno?

Hoa., Ep., I, IV, V. 8 et 10.

Mais je ne vous dirai pas :

Me pinguem et nitidum bene curata cute vises.

Ibid., 15.

1. Ancien condisciple de Voltaire au collège Louis-le-Grand ; le même à qui sont adressées les premières lettres de ce recueil. V. page 1, note 1. — M. de la Marche nétait plus que premier président honoraire; il avait résigné cette charge à son fils en 1758 ; après l'avoir exercée pendant treize ans. Dans son livre sur Voltaire et le président de Brosses (1858), M. Foisseta publié vingt-quatre lettres inédites de Voltaire, écrites à M. de la Marche, de 1761 à 1766. La correspondance générale de l'édition Beuchot n'eu contient qu'une seule,

qui est celle que nous donnons ici.

2. Ancien président de la chambre des comptes de Dijon, il s'était lié avec Voltaire aux eaux de Plombières en 1754, et depuis il ne cessa de correspondre avec lui jusqu'en 177S. Né eu 1706, il mourut en 1794. Dans le volume déjà cité, M. Foisset a publié soixante-quatre lettres inédites de Voltaire au président de Ruffey.

Page 1