L'opinion publique à Paris se
déchaîna contre Soubise, qui ne méritait pas tous les reproches dont on l'accabla, et qui ne valait ni plus ni moins que Richelieu, Clermont, Maillebois et la plupart des généraux français de ce temps-là.
4. Le maréchal de Broglle, qui repoussa de Cassel le prince Ferdinand de Brunswick en 1760.
o. Le comte de Vaux (170o-178S), lieutenant-général, commandait à Gpttingen, que les Prussiens assiégeaient en novembre 1760.11 s'était également distingué à la bataille de Corbach, le 10 juillet de la même année. — Au moment où Voltaire écrivait cette lettre, l'armée française, sous les ordres du maréchal de Broglie, occupait un triangle de Glèves à Wesel, de Wesel à Marbourg, et de Marbourg à Gottingen.
6. Le marquis de Schomberg fut chargé par le marquis de Castries do faire lever le siège de Wesel, au mois d'octobre 1760. Le prince héréditaire de Brunswick assiégeait celte place avec 15,000 hommes. — Wesel est au confluent de la Lippe et du Rhin ; Cassel, sur la Fulde, était la capitale de l'électorat de Hesse-Cassel; Gottingen, ou Gœttingen, est dans le Hanovre, à 40 kilomf-trcs de Cassel.
qui a sauvé Vesel. Croyez donc, je vous prie, monsieur, que nous avons, dans notre langue, l'esprit de faire sentir ce que les défenseurs de notre patrie ou de noire pays ont le mérite de faire.
Vous nous insultez, monsieur, sur le mot de ragoût; vous vous imaginez que nous n'avons que ce terme pour exprimer nos mets^ nos plats^ nos entrées de table, et nos menus. Plût à Dieu que vous eussiez raison, je m'en porterais mieux ! mais malheureusement nous avons un dictionnaire entier de cuisine.
Vous vous vantez de deux expressions pour signifier gourmand ; mais daignez plaindre, monsieur, nos gourmands, nos goulus, nos friands, nos mangeurs, nos gluulons.
Vous ne connaissez que le mot de savant; ajoulez-y, s'il vous plaît, doc te ^ érudit^ instruit, éclairé, habile, lettré; vous trouverez parmi nous le nom et la chose. Croyez qu'il en est ainsi de tous les reproches que vous nous faites. Nous n'avons point de diminutifs; nous en avions autant que vous du temps de Marot, et de Rabelais, et de Montaigue; mais cette puérilité nous a paru indigne d'une langue ennoblie par les Pascal, les Bossuet, les Fénelon, les Pélisson, les Corneille, les De. préaux, les Racine, les Massillon, les La Fontaine, les La Bruyère, etc.; nous avons laissé à Ronsard, à Marot, à du Bartas % les diminutifs badins en otte et en ette^ et nous n'avons guère conservé que fleurette, amourette, filktie, grisette, grandelette^ vieillotte, nabote^ maisonnette^ villotte ^ ; encore ne les employons-nous que dans le style très familier. N'imitez pas le Buonmattei^, qui, dans sa harangue h
1. Du Bartas, auteur d'un poème de la Semaine, sur la création du inonde, disciple exagéié de Ronsard; il vécut de 1344 à 1590. Ronsard, né en 1524, mourut en 15S5; Clément Marot, né en 1495, mourut en 1344.
Montaigne, né en 1533, mourut en 1392; Rabelais, né en 1483, mourut en 1533.