Villotte, ou Valette, petite ville
— Villotte était une forme plus familière et moins usitée.
3. Buonmattei, grammairien de Florence, né en 1581, mort en 1647, auteur d'un savant ouvrage, publié sous ce titre en 1643 : Délia lingua Tuscana. — L'Académie de la Cru.sca, fondée en 1541, constituée en 1582.
Son but était d'épurer la langue italienne, de séparer le son {crusca) de la farine : de là, le titre qu'elle prit. Elle avait pour emblème un blutoir avec cette devise : // en recueille la plus belle fleur.
l'Acadcmie de la Crusca, fait tant valoir l'avantage exclusif d'exprimer corhello^ corbellino, en oubliant que nous avons des corbeilles et des coi-billons.
Vous possédez, monsieur, des avantages bien plus réels, celui des inversions, celui de faire plus facilement cent bons vers en italien, que nous n'en pouvons faire dix en français. La raison de cette facilité, c'est que vous vous permettez ces hiatus^ ces bâillements de syllabes que nous proscrivons ; c'est que tous vos mots, finissant en a, e, i, o, vous fournissent au moins vingt fois plus de rimes que nous n'en avons, et que, par-dessus cela, vous pouvez encore vous passer de rimes. Vous êtes moins asservis que nous à l'hémistiche et à la césure, vous dansez en liberté, et nous dansons avec nos chaînes.
Mais croyez-moi, monsieur, ne reprochez à notre langue, ni la rudesse, ni le défaut de prosodie, ni l'obscurité, ni la sécheresse. Vos traductions de quelques ouvrages français prouveraient le contraire. Lisez d'ailleurs tout ce que MM. d'Olivet et Dumarsais^ ont composé sur la manière de bien parler notre langue; lisez M. Duclos^; voyez avec combien de force, de clarté, d'énergie et de grâce, s'expriment MM. d'Alembert et Diderot ^ Quelles expressions pittoresques emploient souvent M. de Bulfon* et M. Helvétius, dans des ouvrages qui n'en paraissent pas toujours susceptibles I
Je finis cette lettre trop longue par une seule réflexion. Si le peuple a formé les langues, les grands hommes les