‹ Lettres choisiesChapitre 287 sur 456 · V. page 1, note · texte numérisé non relu

V. page 1, note

4. Frère aîné de d'Argental, intimement lié avec M. de la Marche. — V, page 155, note 3.

5. 11 écrira à d'Argental, le l*'' mai 1761 : « Excepté de fendre du bois, il

n'y a métier que je ne fasse. »

6. L'Epitre sur l'agriculture, récemment composée, et dédiée à M"" Denis. On y lit ces vers :

C'est la coiu" qu'on doit fuir, c'est aux

[champs qu'il faut vivre

Dieu du jour, dieu des vers, j'ai ton exem-

[ple à suivre.

Tu gardas les troupeaux, mais c'étaient

[ceux d'un roi :

Je n'aime les montons que quand ils sont

[à moi.

7. L'Académie de Dijon, qui avait couronné Jean-Jacques Rousseau, en 1750, avait décidé que Voltaire serait nommé membre honoraire, non résidant; mais elle désirait être sûre qu'il accepterait ce titre, et elle chargea M. de Ruffey de le lui offrir. En conséquence de cette réponse, l'élection eut lieu le 3 avril suivant.

quelque nouveau motif après celui de vous embrasser, vous et vos amis. J'espère que nous raisonnerons de tout cela au mois d'auguste *, dans ma chaumière de Ferney.

J'ai l'honneur d'être, avec l'attachement le plus inviolable, monsieur, etc.

LETTRE CXXSVII. — A M. DUCLOS^.

Ferney, 10 avril 1761,

Je vous assure, monsieur, que vous me faites grand plaisir en m'apprenant que l'Acadcmie va rendre à la France et à l'Europe le service de publier un recueil de nos auteurs classiques, avec des notes qui fixeront la langue et le goût, deux choses assez inconstantes dans ma volage patrie ^ 11 me semble que M"*" Corneille aurait droit de me bouder, si je ne retenais pas le grand Corneille pour ma paît. Je demande donc à l'Académie la permission de prendre celte lâche, en cas que personne ne s'en soit emparé.

Le dessein de l'Académie est-il d'imprimer tous les ouvrages de chaque auteur classique? Faudra-t-il des notes sur Agésilas et sur Attila *, comme sur Ctnna et sur Rodogune? Voulez-vous avoir la bonté de m'instruire des intentions delà compagnie? exige-t-elle une critique

1. On sait que Voltaire n'écrivait jamais aoû/, mot qu'il jugeait de structure barbare et insupportable; à cette expression d'origine populaire, il substituait la forme savante, étymologique (T Auguste.

t. V. [.âge 172, note 2. — Duclos était secrétaire perpétuel de l'Académie française defiuis 1755 et s'occupait activ'ement de la nouvelle édition du Dictionnaire, qui fut publiée en

3. Ce projet, plusieurs fois agité dans les réunions académiques, plusieurs fois accueilli, abandonné et repris, venait d'être enfin résolu et décidé. Fénelon en avait eu l'idée, et il l'avait exprimée dans son Alémoire

sur les occupations de l'Académie, écrit au commencement de 1714, et qui est l'ébaucbe de sa Lettre célèbre, composée vers la fin de cette même année. « Mon avis est, disaitil dans ce Mémoire, que l'Académie entreprenne d'examiner les ouvrages de tous les bons auteurs qui ont écrit en notre langue, et qu'elle en donne au public une édition accompagnée de trois sortes de notes : 1» sur le style et le Inng.ige ; 2» sur les pensées et les sentimtjiils; 3» sur le fond et sur les règles de chacun de ces ouvrages. »

4. Afjésilas et Attila parurent en 16GC et 1607; Cinna Ci.i de 1639; Bodorjune, de lCi4.

raisonnée ? veut-elle qu'on fasse sentir le bon, le médiocre, et le mauvais? qu'on remarque ce qui était autrefois d'usage, et ce qui n'en est plus *? qu'on distingue les licences des fautes? et ne propose-t-ellepas un petit modèle auquel il faudra se conformer? l'ouvrage est-il pressé? combien de temps me donnez-vous?

Puisqu'on veut bien placer ma maigre figure sous le visage rebondi de M. le cardinal de Bernis, j'aurai l'honneur de vous envoyer incessamment ma petite tête en perruque naissante. L'original aurait bien voulu venir se présenter lui-même, et renouveler à l'Académie son attachement et son respect; mais les laboureurs, les vignerons, et les jardiniers me font la loi : e nitido fitrusticus. Comptez cependant que, dans le fond de mon cœur, je sais très bien qu'il vaut mieux vous entendre que de plan ter des mûriers blancs.

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