Ce qui n'est plus de l'usage, conforme à l'usage, ex usu
2. Compilateur ingénieux, écrivain maniéré, auteur d'Essais de littérature et de mora/e publiés en 1736 et de Mémoires sur La Mothe et FonteneWe qui parurent en 1761. NéàSaint- Malo en 1697, il mourut en 1770. Chanoine et archiprètre de sa ville natale, trésorier de l'église de Nantes, il fut élu à l'Académie française en 1761. On a fait beaucoup de mots sur l'abbé Trublet. M°"= GeofiFrin disait que « c'était une bète frottée d'esprit. » Grimm l'appelle « une bote de beaucoup d'esprit. » Vabbé de Voisenon a dit de lui : « Il a passé trente années de sa vie à écouter et à transcrire. C'est le chiffonnier de la littérature. » (Garât, Mémoires, t. i, page 326; Grimm, Correspondance, t. vi, p. 383, 386;
LETTR. CH. DE VOLTAIRE
Voisenon, Œuvres, t. vi, p. 172.) II eut, du moins, l'esprit de se réconcilier avec Voltaire et de le désarmer, comme le prouve cette lettre.
3. Reçu à l'Académie française le 13 avril *i 761, l'abbé Trublet, bien que Voltaire l'eût persiflé et tourné en ridicule dans le Pauvre Diable (1758), s'était hâté de lui envoyer son discours avec une belle et flatteuse épître. C'est à cet envoi que répond Voltaire.
4. Les Essais de littérature et de morale en quatre volumes. — II est question de l'abbé Trublet pour la première fois ians la Correspondance générale de Voltaire, à la date du 20 août rM9, et du ± août 1738.
[Pièces inédites, Didot, p, 330, 331; Lettres médites, de Cayrol, t. i, page 330 )
aviez imprimé que je vous faisais bâiller S et moi j'ai laissé imprimer que je me mettais cà rire ^. Il résulte de tout cela que vous êtes difficile à amuser, et que je suis mauvais plaisant; mais enfin, en baillant et en riant, vous voilà mon confrère, et il faut tout oublier en bons cbréliens et en bons académiciens.
Je suis fort content, monsieur, de votre harangue, et très reconnaissant de la bonté que vous avez de me l'envoyer; à l'égard de votre lettre,
Nardi parvus onyx eliciet cadura^.
Pardon de vous citer Horace, que vos héros, MM. de Fontenelle et de La Motte *, ne citaient guère. Je suis ol.iîigé^ en conscience, do vous dire que je ne suis pas né plus malin que vous, et que, dans le fond, je suis bon homme. Il est vrai qu'ayant fait réflexion, depuis quelques années, qu'on ne gagnait rien à l'être, je me suis mis à être un peu gai, parce qu'on m'a dit que cela est bon pour la santé. D'ailleurs je ne me suis pas cru assez important, assez considérable, pour dédaigner toujours certains illustres ennemis ^ qui m'ont attaqué personnellement pendant une quarantaine d'années, et qui, les uns après les autres, ont essayé de m 'accabler, comme
l'Ej litre sur l'agriculture (1761), dans le Russe à Paris (1760), Aussi écrivait-il plus tard (1771) à d'Alembert :
• Vous m'avez endormi », disait ce bon [ïrnblel ;
Je réveillai mon liomme à grands coups [de siinet.
La lettre et « le procédé généreux de l'abbé mirent fin aux bostilitéa.