On connaît ces vers du Pauvre Diable
Lftl)bé Trublet avait alors la rage irétre à Paris un petit i)ersi)ntiage; An peu d'esprit <jiic le bonhomme avait L'esprit d'autrui parsiipjjlément servait. Il entassait adage sur adage; Il compilait, compilait, compilait; On le voyait sans ce?se écrire, écrire. Ce qu'il avait jadis entendu dire...
Voltaire r«vint à rabbé Trublet dans
5. Allusion ironique à Le Franc de Pompignan, Gresset, Fréron, Berthier, Nonnotte, etc., qui figurent dans les satires composées par Voltaire en 17b8,1760, 1761, telles que le Pauvre Diable, la Yanité, le Russe à Paris, les Chevaux et les Anes, ainsi que dans l'Ecossaise, comédie aristophanesque, qui est du même temps.
si je leur avais disputé un évêché ou une place de fermiergénéral. C'est donc par pure modestie que je leur ai donné enfin sur les doigts. Je me suis cru précisément à leur niveau ; et in arenam cura œqualibus descendi, comme dit Cicéron.
Croyez, monsieur, que je fais une grande différence entre vous et eux ; mais je me souviens que mes rivaux et moi, quand j'étais à Paris, nous étions tous fort peu de chose, de pauvres écoliers du siècle de Louis XIV, les uns en vers, les autres en prose, quelques-uns moitié prose, moitié vers, du nombre desquels j'avais l'honneur d'être ; infatigables auteurs de pièces médiocres, grands compositeurs de riens, pesant gravement des œufs de mouche dans des balances de toile d'araignée. Je n'ai presque vu que de la petite charlatanerie : je sens parfaitement la valeur de ce néant; mais comme je sens également le néant de tout le reste, j'indte le Vejanius d'Horace :
... Vejanius armis Herculis ad postem fixis, latet abditus agro*.
C'est de cette retraite que je vous dis très sincèrement que je trouve des choses utiles et agréables dans tout ce que vous avez fait, que je vous pardonne cordialement de m'avoir pincé, que je suis fâché de vous avoir donné quelques coups d'épingle, que votre procédé me désarme pour jamais, que bonhomie vaut mieux que raillerie, et que je suis, monsieur mon cher confrère, de tout mon cœur, avec une véritable estime et sans compliment, comme si de rien n'était, votre, etc. ».