‹ Lettres choisiesChapitre 30 sur 456 · Coiiflueiite. Terme de médecine · texte numérisé non relu

Coiiflueiite. Terme de médecine

petite vérole où les boutons sont si rapprocliés qu'ils se touchent et se confondent.

à. Limon, fruit de l'espèce du citron mais plus aigre. (De l'italien, limone.)

4. Acrimonie du sang; comme oo dit : « l'acrimonie des humeurs. »

Acreté est aujourd'hui plus usité.

5. Glandes miliaires, tumeurs infiniment petites, pareilles à des grains de millet (en latin miliariiis, milium). De là, l'expression de fièore miliairc, lièvre accompagnée de celte sorte d'éruptions.

sang paresseux, ralenti encore par le levain qui embarrasse toutes les fibres, n'a pas la force de pousser au dehors le poison dont il est chargé. Alors la poudre de la comtesse de Kent, le baume de Vanseger, le remède de ALAignan^ brisant les parties de ce sang presque figé, le font couler plus rapidement, en séparant la matière étrangère, et ouvrant les passages de la transpiration au venin qui cherche à s'échapper. Mais, dans l'état oii je suis, ces cordiaux m'eussent été mortels ; cela fait voir démonstrativement que tous ces charlatans, dont Paiis abonde, et qui donnent le même remède (je ne dis pas pour toutes les maladies, mais toujours pour la même), sont des empoisonneurs qu'il faudrait punir.

J'entends faire toujours un raisonnement bien faux et bien funeste. « Cet homme, dit-on, a guéri par une telle voie, j'ai la même maladie que lui, donc il faut que je prenne le même remède, n Combien de gens sont morts pour avoir raisonné ainsi ! On ne veut pas voir que les maux qui nous affligent sont aussi différents que les traits de nos visages, et, comme dit le grand Corneille, car vous me permettrez de citer les poètes :

Quelquefois I'uq se brise où l'autre s'est sauvé, Et par où l'un périt un autre est conservé 2.

Mais c'est trop faire le médecin : je ressemble aux gens qui, ayant gagné un procès considérable par le secours d'un habile avocat, conservent encore pour quelque temps le langage du barreau.

Cependant, monsieur, ce qui me consolait le plus dans ma maladie, c'était l'intérêt que vous y preniez, c'était l'attention de mes amis, et les bontés inexprimables dont M™*" ^ et M. de Maisons m'honoraient. Je jouissais d'uil-

1. I François Aignan, né à Orléans, mort au commencement de 1709 ; capucin connu dans son ordre sous le nom de Père Tranquille, et médecin inventeur d'un remède contre la petite vérole, ainsi que d'une préparation

huileuse encore nommée en pharmacie baume Tranquille. » (Note de Beuchot.)

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