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Cinna, acte II, scène i

3. La mère de M. de Maisons, soeur de la maréchale de Villars.

leurs de la douceur d'avoir auprès de moi un ami, je veux dire un homme qu'il faut compter parmi le très petit nombre d'hommes vertueux qui seuls connaissent l'timitié, dont le reste du monde ne connaît que le nom ; c'est M. Thieriot, qui, sur le bruit de ma maladie, était venu en poste de quarante lieues pour me garder, et qui, depuis, ne m'a pas quitté un moment K J'étais le 15 absolument hors de danger, et je faisais des vers le 16, malgré la faiblesse extrême qui me dure encore, causée par le mal et par les remèdes.

J'attendais avec impatience le moment où je pourrais me dérober aux soins qu'on avait de moi à Maisons, et finir l'embarras que j'y causais. Plus on avait pour moi de bontés, plus je me hâtais de n'en pas abuser plus longtemps. Enfin je fus en état d'être transporté à Paris, le 1" décembre. Voici, monsieur, un moment bien funeste. A peine suis-je à deux cents pas du château, qu'une partie du plancher de la chambre où j'avais été tombe tout enflammée-. Les chambres voisines, les appartements qui étaient au-dessous, les meubles précieux dont ils étaient ornés, tout fut consumé par le feu. La perte monte à près de cent mille livres ' ; et sans le secours des pompes qu'on envoya chercher à Paris, un des plus beaux édifices du royaume allait être entièrement détruit. On me cacha celte étrange nouvelle à mon arrivée : je la sus à mon réveil; vous n'imagineriez point quel fut mon désespoir; vous savez les soins généreux que M. de Maisons avait pris de moi; j'avais été traité chez lui comme son frère, et le prix de tant de bontés était l'incendie de son château. Je ne pouvais concevoir comment le feu avait pu prendre si brusquement dans ma chambre, où je n'avais laissé

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