Thieriot. \oyez page 14, note
— C'est en souvenir de ce dévouement que Voltaire écrivait un jour à son ami : « Soyez toujours moins en peine de mon cœur que de mon esprit. Je cesserai plutôt d'être poète que d'être l'ami de Thieriot. «
2. Ce fut au premier étage, dans une des ailes du chàtoau que l'incen-
die se déclara. — V. Henri Nicolle, Le château de Maisons, son histoire et celle des principaux personnages qui l'ont possédé. (Paris, 1858, p. 38, 39). 3. Dans la correspondance manuscrite de la marquise de la Cour (Bibliothèque Mazarine), la perte est évaluée à 500,000 francs. — Tome viii, lettre 84.
qu'un tison presque éteint. J'appris que la cause de cet embrasement était une poutre qui passait précisément sous la cheminée. C'est un défaut dont on s'est corrigé dans la structure des bâtiments d'aujourd'hui ; et même les fréquents embrasements qui en arrivaient ont obligé d'avoir recours aux lois pour défendre cette façon dangereuse de bâtir. La poutre dont je parle s'était embrasée peu à peu par la chaleur de l'âtre, qui portait immédiatement sur elle ; et, par une destinée singulière, dont assurément je n'ai pas goûté le bonheur, le feu^ qui couvait depuis deux jours, n'éclata qu'un moment après mon départ.
Je n'étais point la cause de cet accident, mais j'en étais l'occasion malheureuse ; j'en eus la même douleur que si j'en avais été coupable : la fièvre me reprit aussitôt, et je vous assure que, dans ce moment, je sus mauvais gré à M. Gervasi de m'avoir conservé la vie.
M""*^ et M. de Maisons reçurent la nouvelle plus tranquillement que moi; leur générosité fut aussi grande que leur perte et que ma douleur. M. de Maisons mit le comble à ses bontés, en me prévenant lui-même par des lettres qui font bien voir qu'il excelle par le cœur comme par l'esprit ; il s'occupait du soin de me consoler, et il semblait que ce fût moi dont il eût brûlé le château ; mais sa générosité ne sert qu'à me faire sentir encore plus vivement la perte que je lui ai causée, et je conserverai toute ma vie ma douleur aussi bien que mon admiration pour lui.
Je suis, etc.
LETTRE XII. — A mme LA PRÉSIDENTE DE DERNIÈRES l
20 décembre 1723.
Je reçus votre dernière lettre hier 19, et je me hàlc de vous répondre, ne trouvant point de plus grand plaisir que de vous parler des obligations que je vous ai. You-, qui n'avez point d'enfants, vous ne savez pas ce que c'est