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V. page 30, note

5. Dans la correspondance de Voltaire avec M"« du Deffand, les ques-

tions les hautes et les plus sérieuses sont assez souvent, sinon traitées, au moins abordées ou touchées. La marquise lui avait écrit, en 1765 : a « Monsieur de Voltaire, amant déclaré de la vérité, dites-moi de bonne foi, l'avezvous trouvée? Vous combattez et détruisez toutes les erreurs, mais que mettez-vous à leur place? Existe-t-il quelque chose de réel? Tout n'estil pas illusion?... Que chacun pense et vive à sa guise, et laissons chacun voir par ses lunettes. » (De Lescure, t. I, p. 332.)

fabricateurs de systèmes n'en savaient pas plus que moi, mais ils font tous les importants, et je ne veux pas l'être : j'avoue franchement mon ignorance.

Je trouve d'ailleurs dans cette recherche , quelque vaine qu'elle puisse être, un assez grand avantage. L'étude des choses qui sont si fort au-dessus de nous rend les intérêts de ce monde bien petits à nos yeux; et, quand on a le plaisir de se perdre dans l'immensité, on ne se soucie guère de ce qui se passe dans les rues de Paris.

L'étude a cela de bon qu'elle nous fait vivre tout doucement avec nous-mêmes, qu'elle nous délivre du fardeau de notre oisiveté, et qu'elle nous empêche de courir hors de chez nous pour aller dire et écouter des riens d'un bout de la ville à l'autre. Aussi, au milieu de quatre-vingts lieues de montagnes de neige, assiégé par un très rude hiver, et mes yeux me refusant le service, j'ai passé tout mon temps à méditer.

Ne méditez-vous pas aussi, madame? ne vous vient-il pas aussi quelquefois cent idées sur l'éternité du monde, sur la matière, sur la pensée, sur l'espace, sur l'infini? Je suis tenté de croire qu'on pense à tout cela quand on n'a plus de passions, et que tout le monde est comme Mathieu Garo% qui recherche pourquoi les citrouilles ne viennent pas au haut des chênes.

Si vous ne passez pas votre temps à méditer quand vous êtes seule, je vous envoie un petit imprimé sur quelques sottises de ce monde ^, lequel m'est tombé entre les mains. L'auteur est un goguenard de NeufchâteP, et les plaisants de Neuchâtel pourront fort bien vous paraître

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