V. page 194, note
.3. Le marquis de Chauvelin, frère aîné de l'abbé de Chauvelin, conseiller-clerc au Parlement de Paris, connu par son ardente hostilité contre les jésuites et par son goût déclaré pour le théâtre. (V. page 177, note l.)Tous les deux étaient fils de l'ancien avocat général au Parlement de Paris, qui fut garde des sceaux et secrétaire d'Etat aux affaires étrangères sous le cardinal de Fleury. Le marquis de Chauvelin, dontil s'agit ici, avait servi sur le Rhin et en Flandre; il avait été ambassadeur à Gênes et à Turin, et il était, en 1766, maître de la garde-robe de Louis XV. 11 mourut en 1774. Il a laissé quelques vers agréables.
4. Voici comment la pièce fut jugée par la critique : « Ce n'est point un ouvrage de sa vieillesse; c'est un ouvrage de sa caducité. Son coloris même est effacé. Les vers en sont aussi faibles que ceux des dernières tragédies de Corneille. » (Collé, Journal, t. V, p. 287, 15 janvier 1767.)
5. Cette dame était née comtesse de la Tour-du-Pin. Liée avec le plus
grand monde, parente des Choiseuls, amie du maréchal de Richelieu, elle avait rendu plus d'un bon office à Voltaire, qui l'a remerciée en vers et en prose. Elle fit plusieurs séjours à Ferney, en 1766, en 1772 et en 1775.
C'était une chasseresse intrépide, une brillante amazone, une nature enjouée, vive et pétulante, que Voltaire surnommait -papillon-philosophe. Il lui adressa deux Epîtres en vers, l'une datée de 1766 et l'autre de 1768. Nous y lisons ces vers :
Femme aimable, hoonête homme, esprit [libre et hardi.
Qui, n'aimant que le vrai, ne suit que la [nature...
Des contraires, bel assemblage.
Vous qui, sous Tair d'un papillon, Cachez les sentiments d'un sage.
Revolez de mon ermitage A votre brillant loutbillon...
6. Les écrits de Boulanger (né en 1722, mort en 1759), n'ont pas et.'publiés de son vivant, et il est à croire que les éditeurs les ont remaniés et interpolés. Les principaux sont : Recherches sur l'origine du Despotisme oriental (1761^; V Antiquité dévoilée par ses usages [il ^f>). Quant au Christianisme décollé, qu'on a mis sous sou nom, il est du baron d'Holbach. Boulanger avait écrit quelques articles pour l'Encyclopédie.
VOUS qu'il y a de la clarté, de la chaleur, et quelquefois de l'éloquence; mais il est plein de répétitions, de négligences, de fautes contre la langue; et je serais trèsfâché de l'avoir fait, non seulement comme académicien, mais comme philosophe, et encore plus comme citoyen.
Il est entièrement opposé à mes principes. Ce livre conduit à l'athéisme, qae je déteste ^ J'ai toujours regardé l'athéisme comme le plus grand égarement de la raison, parce qu'il est aussi ridicule de dire que l'arrangement du monde ne prouve pas un artisan suprême, qu'il serait impertiment de dire qu'une horloge ne prouve pas un horloger.
Je ne réprouve pas moins ce livre comme citoyen ; l'auteur paraît trop ennemi des puissances. Des hommes qui penseraient comme lui ne formeraient qu'une anarchie; et je vois trop, par l'exemple de Genève, combien l'anarchie est à craindre ^
Ma coutume est d'écrire sur la marge de mes livres ce que je pense d'eux ; vous verrez, quand vous daignerez venir à Ferney, les marges du Christianisme dévoilé chargées de remarques qui montrent que l'auteur s'est trompé sur les faits les plus essentiels.
Il est assez douloureux pour moi, madame, que la malignité et la légèreté des papillons de votre pays, qui n'ont ni votre esprit ni vos grâces, m'imputent continuellement des ouvrages capables de perdre ceux qu'on en soupçonne.
Agréez, madame, le respect et l'attachement du vieux solitaire.
1 Parole vraie, que confirment tous les écrits de Vollaire. Nous lisons dans une de ses lettres à M"* du DefTand : « Messieurs les athées ont mal fait de faire imprimer tant de sermons contre Dieu. Cette espèce de philosophie ne peut faire aucun bien et peut faire beaucoup de mal. Noire terre est un temple de la Divinité... » [Corresp.
générale de la marquise du Deffand, t. il, p. 341.)
2. « Le diable est déchaîné dans Genève! » écrivait Voltaire à Frédé-
ric H, vers le même temps. — A la suite de la condamnation de VEmile, de Rousseau, prononcée par le Consistoire, des troubles s'étaient élevés dans cette république et l'agitèrent pendant plusieurs années. Voltaire en a fait l'hisloire dans un poème béroïcomiqué intitulé la Guerre civile de Genève. Ce poème, en cinq chants, a été publié en 1768. — (V. deux chapitres de M. Desnoireslerres sur le même sujet, t. VIL p. i-il9.)