‹ Lettres choisiesChapitre 368 sur 456 · Sa tragédie des Sfi/f^é-â.V. p. 373, note · texte numérisé non relu

Sa tragédie des Sfi/f^é-â.V. p. 373, note

VOUS l'envoyer dans le pays des Visigoths*, quoique assurément il n'y ait dans le monde rien de moins visigoth que vous. Le blocus* de Genève retarde un peu les envois de Paris. Cette campagne-ci sera sans doute bien glorieuse; mais elle me gêne beaucoup ^ Dès que j'aurai ma rapsodie imprimée, j'y ferai coudre prompt<."ment une soixantaine de vers que vous m'avez fait faire, et je dirai : « Si placet, tuum est*. »

Si Votre Éminence souhaite que je lui envoie le factum des Sirven% il partira à vos ordres. 11 est signé de dixneuf avocats ; c'est un ouvrage très bien fait. On y venge voire province de l'affront qu'on lui fait de la croire féconde en parricides. C'était à un Languedocien, et non à moi, de faire rendre justice aux Sirven et aux Calas. Mais ces deux familles infortunées s'étant réfugiées dans mes déserts, j'ai cru que la fortune me les envoyait pour les secourir.

Plus vous réfléchissez sur tout ce qui se passe, plus vous devez aimer votre retraite. Vous faites du bien, vous êtes aimé, et il vous appartient de vous réjouir dans vos œuvres comme dit le livre de VEcclésiaste^^ attribué fort mal à propos à Salomon.

Oserai-je vous demander si vous avez lu le Bélisaire'^

\. En 412, les Wisigoths s'établirent dans le midi de la Gaule, entre la Loire et les Pyrénées, en vertu d'un traité conclu par l'empereur Honorius avec leur chef Ataulf.

2. Le gouvernement français n'ayant pas réussi à calmer l'eâ^ervescence qui régnait à Genève et à réconcilier les partis, avait envoyé des troupes pour bloquer et affamer la ville. « Nous faisons à présent la guerre très paisiblement aux citoyens lélus de Genève.

J'ai trente dragons autour d'un poulailler qu'on nomme le château de Tournay... Je n'ai point de corps d'armée à Ferney, mais j'imagine que dans cette guerre on boira plus de vin qu'on ne répandra de sang. » (A.

Richelieu, 9 janvier 1767.)

3. « Nous manquons de tout; les Genevois man;:ent de bonnes poulardes de Savoie; on s'imagine les avoir puni», et c'est noué que l'on

punit. » 'Au chevalier de Beauteviile, 13 janvier 1767.)

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