V. page 3o9, note
6. Ce mot signifie orateur d'assembléf. : titre donné par les septante à un livre canonique de la Bible, dont l'auteur parait avoir voulu prémunir les autres hommes contre les erreurs où il était lui-même tombé. Si ce livre n'est I)as de Salomon, il est au moins de l'époque signalée par le réveil de la poésie parabolique dont Salomon est le représentant.
7. Ce livre avait paru en 1757. La Sorbonne censura le chapitre quinzième où il est dit que Dieu admettra dans le ciel les héros païens qui ont suivi fidèlement la loi naturelle.
- Mariiiontcl, né en 1728, vint à Paris en 1746, y fit jouer des tragédies dont quelques-unes réussirent (1748-17o2), publia des Contes
de Marmontel, qu'on appelle son Petit Carême? La Sorbonne le censure pour n'avoir pas damné Titus, Trajan et les Antonins. Messieurs de Sorbonne seront sauvés probablement dans l'autre monde, mais ils sont furieusement siffles dans celui-ci ^
Riez, monseigneur : il faut souvent rire sous cape ; mais il est fort agréable de rire sous la barrette.
Félix qui potuit rerum cogooscere causas, etc. *.
Que Votre Éminence agrée les très tendres respects du vieux Suisse.
LETTRE CLXîIV. — A M. DE BELLOY^.
A Ferney, le 19 ayril 1767.
Je suis bien touché^, monsieur, de vos sentiments nobles, de votre lettre et de vos vers. Il n'y a point de pièces de théâtre qui aient excité en moi tant de sensibilité. Vous faites plus d'honneur à la littérature que tous les Frérons* ne peuvent lui faire de honte. On reconnaît bien en vous le véritable talent. Il ressemble parfaitement au portrait que saint Paul fait de la charité ^; il la peint indulgente, pleine de bonté, et exempte d'envie; c'est le meilleur morceau de saint Paul, sans contredit; et vous me pardonnerez de citer un apôtre le saint jour de Pâques.
Il est vrai que nos beaux-arts penchent un peu vers leur chute ; mais ce qui me console, c'est que vous êtes jeune, et que vous aurez tout le temps de former des au-
moraiix, une Poétique française, et fut élu à l'Académie françaiseea 1763.
Outre le roman de Bélisaire, il composa les Incas en 1777. On a de lui, en outre, des Opéras-comiques, une Histoire de la Régence, et des Mé moires personnels. Il mourut en 1799.
n avait été directeur du Mercure (1747), historiographe deFrance(1771), secrétaire -perpétuel de l'Académie française (lT8o), professeur d'histoire au lycée (1786), et député de l'Eure au conseil des anciens (1797).
1. Cette même année. Voltaire écrivit les Anecdotes sur B'^lisaire, la Lettre de Gérofîe à Cogé (recteur de l'Université) ; il publia, l'année suivante, les Empereurs en Sorbonne.
ï. Virgile, Georgiques, 1. ii, v. 490.
3. V. page 3r>8, note4. — De Belloy avait adressé à Voltaire une pièce de vers sur la première Représentation des Scythes [ 28 mars 1 767); ces vers furent publiés dans le Mercure de juin 1767.