Aux Corinthiens, xiir
leurs et des acteurs. Les vers que vous m'envoyez sont charmants. J'ai avec moi M. et M""^ de la Harpe*, qn: en sentent tout le prix, aussi bien que ma nièce. Il y a longtemps que nous aurions joué le Siège de Calais^ sur noire petit théâtre de Fcrney, si notre compagnie eût été plus nombreuse. Nous ne pouvons malheureusement jouer que des pièces où il y a peu d'acteurs. M. de Ghabanon' va venir chez nous avec une tragédie; nous la jouerons ; et, dès que vous auiez donné la comtesse de Vcrgy'^, notre petit thé.itre s'en saisira. On ne s'est pas m;il tiré de la Partie de chasse de //e«r^7F,deM.Collc^ Où est le temps que® je n'avais que soixante-dix ans! je vous assure que je jouais les vieillards parfaitement"^. Ma nièce faisait verser des larmes, et c'est là le grand point. Pour M. et M™'' de la Harpe, je ne connais guère de plus grands acteurs*.
1. La Harpe, dont il a été question plus haut (V. page 348, note 4^, avait déjà fait quelque séjour à Ferney en ITGo; il y revint deux ans après, avec sa jeune femme, qui était la fille d'un limonadier de la rue des Quatre- Vents, appelé Monmayeux. 11 était encore tout meurtri de la chute de deux tragédies, Pharamond (1705) et Gvstove Wasa (1766). 11 s'occupait alors de concourir pour les prix décernés par l'Académie française et par quelques académies de province.