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Il avait envoyé à Voltaire trois cents pieds d'arbres

7. Tout récemment, au mois de septembrij 1769, à l'occasion du blocus de Genève.— V. pages 376 et 390, notes 2 et 3. Le colonel du régiment de Conti, M. de Chabrillant, était installé au château de Ferney et trois compagnies él.iiont logées dans le village. « Les

raient été obligés de coucher à la belle étoile il y a dix ans. Les officiers et les soldats ont été fort à leur aise. Je suis toujours très convaincu que la France en vaudrait mieux d'un tiers, si les possesseurs des terres voulaient bien en prendre soin eux-mêmes ; mais je gémis toujours sur les di'prédations des forêts.

Je ne pense pas du tout que la France soit aussi dépeuplée qu'on le dit. Je vois par le dénombrement exact des feux, fait en 1753, qu'il y a environ vingt millions de personnes dans le royaume, en comptant les soldats, les moines et les vagabonds. Je vois que l'industrie se perfectionne tous les jours, et qu'au fond la France est un corps robuste qui se rétablit aisément en peu d'années par du régime, après ses maladies et ses saignées*.

Je ne suis point du nombre des gens de lettres qui gouvernent l'Etat du fond de leurs greniers, et qui prouvent que la France n'a jamais été si malheureuse; mais je suis du petit nombre de ceux qui défrichent en silence des terres abandonnées, et qui améliorent leur terrain et celui de leurs vassaux.

Je vous dois bien des remerciements, monsieur, de m'avoir aidé dans mon petit travail. Je dois payer au moins la peine de vos enfants trouvés^, qui ont arraché les arbres, et qui les ont fait transporter à Chailly. Je vous supplie de vouloir bien me dire à qui et comment je puis faire tenir une petite lettre de change.

Continuez, monsieur, à être utile à l'Etat, par le bel établissement à la tête duquel vous ôtes^; jouissez de vos heureux succès*; comptez-moi parmi ceux qui en sentent

soldats, me font des chemins, écrivait alors Voltaire, les grenadiers me plantent des arbres. M""" Denis, qui a été accoutumée à tout ce tracas à Landau et à Lille, s'en accommode à merveille. • (Lettre du 12 octobre 1767.) — On lit dans les mémoires de Chabanon : « Un jour des grenadiers du ré.:;;iment de Conti avaient servi de gardes à la représentation de Séiniramis sur le théâtre de Ferney. Voltaire ordonna qu'on les fit souper à l'office et qu'on leur donnât le salaire qu'ils demanderaient. L'un d'eux répondit :

« Nous n'en accepterons aucun; nous avons vu M. de Voitaire, c'est là notre paiement. » Voltaire entendit cette réponse, il fut dans le ravissement.

0 mes braves grenadins, s'écr\aH-i\ avec transport, â mes braves grenadiers! f (P. 137-140.)

1. V. la mêrnc pensée exprimée dans une lettre de 1760. Page 286.

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