Nous en avons compte a3o. I! s'y
trouve : 46 lettres du cardinal de Bernis ; 68 lettres de Catherine II ; 24, de l'électeur p.tlatin, Cliarlcs-Tliéodore ; 144 lettres de d'Alembert; 289, de Frédéric II; 6, de J. J. Rousseau, et 12 de Vniivonarcrnes.
vni INTRODUCTION.
dont une trentaine sont adressées à la comtesse d'Argental. On en compte une soixantaine à l'adresse du marquis d'Argenson, un ami de collèiîc qui devint ministre des alTaires étrangères en 1744 et dont l'amiiié, même alors, ne se démentit pas. Il y en a autant pour le cardinal de Bernis, qui les a reçues presque toutes, après sa dis;?ràce, et pendant son exil à Yic-sur-Aisae, de 1758 à 1765. Catherine II tiguredans le recueil pour quatrevingt-trois lettres qui lui sont adressées ; Frédéric II, pour deux cent quarante-deux ; le duc et la duchesse de Ghoiseul, pour une quarantaine. Ghoiseul, pendant son ministère, de 1759 à 1770, et le duc de Richelieu, pendant sa longue carrière de faveur et de puissance à la cour, protégèrent efTicacement Voltaire contre des adversaires redoutables, contrôles préventions obstinées du roi lui-même. Une centaine de lettres sont écrites à Richelieu, à celui que le poète appelait «son héros ». Dans la seconde moitié de la correspondance, surtout à partir de 17G0, se trouvent deux cent quatre-vingts lettres à l'adresse de d'Alembert, le principal lieutenant du patriarche à Paris. Le premier commis du bureau des vingtièmes, Damilaville, qui mit au service de l'immense correspondance de Voltaire et de ses ouvrages les moins autorisés le privilège de franchise que sa place lui donnait à la poste, a reçu de lui, à titre de reconnaissance ou d'encouragement, trois cent soixante-cinq lettres. Il y en a cent quarante-quatre pour M™'' du DelTand, et ce ne sont pas les moins spirituelles d'un recueil où il y a tant de grâce et d'esprit : Voltaire, en lui écrivant, n'avait garde d'oublier qu'il s'adressait à l'une des reines de cette opinion charmante et médisante qui donnait le ton aux salons de Paris.
Dans cette élite de personnages chers au roi-Voltaire, qui servent ses intérêts ou font la cour à son génie, tout-puissant et séduisant, deux abbés tiennent un rang honorable : l'abbé d'Olivet, doyen de l'Académie, son ancien préfet des études à Louisle-Grand, son correspondant attitré sur les questions de grammaire et de goût ; l'abbé Moussinot, trésorier du chapitre de Saint-Merry, qui, pendant six ans, de 1736 à 1741, fut son intendant, son caissier, son agent de change, et, comme disait Voltaire lui-même, gouverna son temporel avec probité et avec succès. Il y a cent six lettres à l'abbé Moussinot, et cinquante à l'abbé d'Olivet.
Fermons cette liste en y inscrivant encore deux noms que Voltaire a tendrement aimés : le conseiller Gideville, du parlement de Normandie, et Thieriot. Ge sont deux amis de l'époque des belles années, de cette iieureuse saison de la jeunesse où les impressions sont vives et duratjles ; il avait connu Gideville au collège, et Thieriot, en 1714, dans l'étude « enfumée » de maître Alain le procureur, rue de la Calandre. On sait que M. Arouet père y confina pendant quelques mois son fils,