‹ Lettres choisiesChapitre 5 sur 456 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

pour le punir d'aimer trop peu la chicane et de trop aimer les vers. Les cent soixante-quinze lettres écrites à Gideville, les trois cent soixante-quinze lettres adressées à Thieriot sont celles qui nous montrent le mieux ce que l'âme de Voltaire con:enait de sensibilité affectueuse et quelle délicatesse il portait dans l'amitié.

La partie essentielle de la correspondance générale se distribue ainsi entre ceux de ses contemporains cpii sont entrés le plus avant dans sa pensée et dans sa vie, qui, à des degrés divers et à divers titres, ont influé sur ses sentiments, ont servi le plus efficacement ses intérêts, ses idées ou sa gloire.

Recueils de lettres inédites récemment publiés.

Depuis vingt-cinq ans, la correspondance de Voltaire, déjà enrichie et complétée par Beuchot, s'est accrue de nouvelles richesses -. on a publié plusieurs recueils de lettres inédites, rassemblées par des amateurs intelligents ou subitement découvertes par d'heureux hasards; ces publications ont élevé d'environ deux mille lettres le total indiqué plus haut ; elles méritent d'être signalées à leur tour, et nous les noterons brièvement, selon l'ordre des temps.

En 1857, MM. de Cayrol et François ont donné, en deux volumes^, environ treize cents lettres nouvelles qui embrassent un espace de soixante années (1718-1778), c'est-à-dire presque toute la vie de Voltaire : elles ont ce trait de ressemblance avec la correspondance générale, dont elles comblent, çà et là, quelques lacunes. Marquons ici une différence entre ce recueil, ou plutôt entre tous ces nouveaux recueils et l'ancien : les lettres récemment pubUées sont généralement plus courtes et d'un style plus familier ou même plus négligé ; un bon nombre ne sont que de simples billets, écrits au courant de la plume. Si quelques-unes sont restées longtemps inédites, c'est peut-être parce que ceux qui les possédaient ne les ont pas jugées dignes de la publicité et n'ont pas cru devoir répondre à l'appel des premiers éditeurs; mais bien qu'elles n'ajoutent rien au mérite littéraire de la correspondance déjà connue, elles apportent de très utiles informations et de curieux détails sur quelques points de la biographie de Voltaire et de l'histoire du siècle. Tel correspondant illustre qui ne figure, dans Beuchot, que pour un nombre de lettres insignifiant, obtient ici plus large part: il y a dans ce nouveau recueil vingt-deux lettres à l'adresse de Turgot ; on en comptait six seulement dans l'ancien recueil. Lq

Page 1