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V. page 344, note

3. Le P. Adam, ancien professeur de rhétorique aux jésuites de Dijon ; il l'avait connu à Colmar en 1754, et le retiouvant à Orne\ au moment où il achetait Ferney, il le recueillit dans son château. « Le P. Adam,» qui n'était pas le premier homme du monde », était toutefois un habile joueur d'échecs et faisait la partie de Voltaire.

4. La marquise de Caylus était nièce de M""" de Maiiitenon qui la lit élever à Saint-Cyr. C'est pour elle que Racine composa le prologue à Esther.

Ses Souvenirs, publiés pour la première fois par Voltaire en 1769, sont un tableau piquant et naïf des derniers temps du règne de Louis XIV. Née en 1673, elle mourut en 1729. Son fils, le comte de Caylus, fut un archéologue fort distingué (I6ii2-1765).

5, L'hôtel de Rambouillet où se réunit pendant la première moitié du dix-septième siècle une société choisie de grands seigneurs, de gens de lettres, et de femmes belles et spirituelles, exerça une action heureuse sur notre littérature et contribua efficacement à donner au goût public une qualité qui lui manquait : la délicatesse. Si l'on y fit abus du bel-es prit, on y faisait profession de politesse et d'élégance, et les qualités de cette société aimable et ingénieuse l'emportaient de beaucoup sur ses défauts. L'hôtel , qui appartenait à Charles d'Angcnnes, marquis de Rambouillet (né en 1577, mort en 1652) et à Catherine de Vivonne- Pisani sa femme, (ils se marièrent en 1600, et elle mourut en 1665V. était situé entre la Place du Palais-Cardinal (Palais-Royal) et la Place du Carrousel, dans la rue Saint-Thomas du Louvre qui débouchait à Tendroit

Permettez-moi, monseigneur, de vous remercier encore, au nom des Scythes^ de la vieille Mérope^ et de Tancrède * .

Ou vient donc déjouer une tragédie an glaise * à Paris; je commence à croire que nous devenons trop Anglais, et qu'il nous siérait mieux d'être Français. C'est votre affaire, car c'est à vous à ^ soutenir l'honneur du pays *.

Agréez toujours mon tendre respect et mon inviolable attachement.

LETTRB CXCIV.— A Bme NECKER5.

21 mai 1770.

Ma juste modestie, madame, et ma raison me faisaient croire d'abord que l'idée d'une statue était une bonne plaisanterie : mais puisque la chose est sérieuse, souffrez que je vous parle sérieusement ^

où se trouve aujourd'hui le pavillon de la bibliothèque du Louvre sur la place du Palais- Royal.

1. Sur ces pièces et sur la date de leur représentation, V. pages 106, 287 et 373, notes 1, 5 et 6. Le duc de Richelieu, comme premier gentilhomme de la chambre, avait dans ses attributions la direction supérieure des théâtres, tous les quatre ans, lorsqu'il exerçait ses fonctions à tour de rôle.

2. Hamlet. tragédie de Ducis, jouée le 30 septembre 1769. Elle eut douze représentations. On sait que Voltaire n'aimait pas Shakespeare. V.page 345, note 3.

3. La règle voudrait de; c'est à vous à exprimant une idée de tour, et c'est à vous de éveillant une idée de droit ou de devoir; mais cette règle n'était pas encore établie avec une rigoureuse précision au dix-huitième siècle.

4. Expression plus simple que celle de patrie et fort employée déjà dans la langue classique :

Quoi ! vous me pleureriez mourant pour

[>noa pays!

(Corneille, Horace, a. Il, s. i.)

Ce que veut mon pays, mon amitié le

(Id.) [craint.

Moiu-ir pour son pays n'est pas nu triste

[sort.

C'est s'immortaliser par une belle mort...

S'il meurt des coups reçus pour le bien

[du pays

(Id., Le Cid, a. IV, s. vf)

Cet amour du paya nous cache une autre

[flamme.

(Racine, Thébaîde, v. 280.)

5. Femme du célèbre banquier qui fut ministre de Louis XVI et ouvrit la révolution française. Elle eut pour fille M"» de Stael. Née en 1739, elle avait épousé Necker en 1764. Elle mourut en 1794. Son mari lui survécut dix ans. On lui doit la fondation de rhôpital Necker à Paris ; elle a laissé des Réflexions sur le divorce (1794) et des considérations sur la société contemporaine insérées dans ses Mélanges qui ont été publiés après sa mort.

6. Le 17 avril 1770, les principaux amis de Voltaire réunis, au nombre de seize convives, à la table de M""' Necker avaient décidé d'ériger par souscription une statue à l'illustre écrivain.

Un modèle fut demandé à Pigalle (V. page 342, note 1) et accepté d'enthousiasme, a Le prince de la littérature, dit Grimm dans sa Coirespondanee littéraire, y est assis sur une draperie qui lui descend de l'épaule gauche par le dos, et enveloppe tout son corps par derrière. Il a la tète couronnée de lauriers; la poitrine, !a cuisse, la jambe et le bras droit sont

J'ai soixante-seize ans, et je sors à peine d'une grande maladie qui a traité fort mal mon corps et mon âme pendant six semaines. M. Pigalle * doit, dit-on, venir modeler mon visage : mais, madame, il faudrait que j'eusse un visage; on en devinerait à peine la place. Mes yeux sont enfoncés de trois pouces, mes joues sont du vieux parchemin mal collé sur des os qui ne tiennent à rien. Le peu de dents que j'avais est parti. Ce que je vous dis là n'est point coquetterie : c'est la pure vérité. On n'a jamais sculpté un pauvre homme dans cet état ; M. Pigalle croirait qu'on s'est moqué de lui; et, pour moi, j'ai tant d'amour-propre, que je n'oserais jamais paraître en sa présence ^ Je lui conseillerais, s'il veut mettre fin à cette étrange aventure, de prendre à peu près son modèle sur la petite figure en porcelaine de Sèvres. Qu'importe, après tout, à la postérité, qu'un bloc de marbre ressemble à un tel homme ou à un autre? Je me tiens très-philosophe sur cette affaire. Mais, comme je suis encore plus reconnaissant que philosophe, je vous donne, sur ce qui me reste de corps, le même pouvoir que vous avez sur ce qui me reste d'âme ^ L'un et l'autre sont fort en désordre; mais mon cœur est à vous, madame, comme si j'avais vingt-cinq ans, et le tout avec un très sincère respect. Mes obéissances, je vous supplie, h M. Necker *.

nus. 11 tient de la main droite, dont le bras est pendant, une plume ; le bras gauche est appuyé sur la cuisse gauche. Toute la p' sition est de génie. Il y a dans la tète un feu, un caractère sublime... » (T. VI, p. 424.)

1. Pigalle, qui avait été déjà en relation avec Voltaire se rendit à Ferney dans l'été de 1770.

2. D'Alembert, à qui Voltaire avait fait les mêmes objections, lui répondait le 30 mai dans la lettre qui devait servir d'introduction au sculpteur :

• Vous avez beau dire que vous n'avez plus dévisage à offrir à M. Pigalle; le génie, tant qu'il respire, a toujours un visage que le génie son confrère sait bien trouver; et M. Pigalle prendra dans les deux escarboucles dont la nature vous a fait des yeux tout le feu dont il animera ceux de la statue. »

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