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Conseiller au parlement de

Rouen, amide Voltaire dès le collège, n mourut en 1776. W composa quelques pièces de théâtre et des poésios lé-rères.

que vous m'aviez envoyés parM.de Fo!mont^ Thieriot, qui ne sait pas même ma demeure % ne put me rendre les vers qu'iiier. Ce fut une journée complète pour moi de recevoir, en même temps, les bonnes nouvelles que vous me mandez, et les beaux vers dont vous m'honoiez. Il y a, mon cher ami, des choses charmantes dans votre épîlre : il y a naïveté, esprit et grâce. Ce même esprit, qui vous l'ait faire de si jolies choses, vous en fait aussi sentir les défauts. Vous avez raison de croire votre épître un peu trop longue, et pas assez châtiée.

Réprimez, d'une main avare et difiicile, De ce terrain fécond l'abondance inutile. Émondez ces rameaux confusément épars; Ménagez cette sève, elle en sera plus pure.

Songez que le secret des arts

Est de corriger la nature.

Je vais m'arranger pour venir raisonner belles-lettres avec vous, en bonne fortune, pendant quelques mois. Je vais faire partir, peut-être dès demain une valise pleine de prose et de vers; après quoi vous me verrez bientôt arrivera Je vous demande la permission d'envoyer cette valise à votre adresse. A l'égard de ma maigre figure, elle se transportera à Rouen avant qu'il soit dix jours. Ainsi je compte que vous aurez la bonté de me retenir ce petit trou dont vous m'avez parlé, pour le 15 du présent

1. L'ami et le confrère de M. de Cideville, devenu l'ami et le correspoudant de Voltaire.

2. Au retour de l'exil, Voltaire s'était établi rue Traversière-Saint-IIonoré, à quelques pas de la fontaine et du même côté, dans une maison de chétive apparence et du plus maussade abord, qui appartenait à un conseiller-clerc du parlement de Paris, M. de Mayenville.

3. Voltaire projetait d'aller séjourner quelquesmois à Rouen, inco{jnito, pour y imprimer en secret {'histoire de Charles XII, à laquelle il travail- U depuis 17i7, et dont la pr.^.niière

édition, tirée à deux mille six cents exemplaires à Paris, avait été saisie par le ministre qui l'avait d'abord autorisée. Il voulait, en outre, y rééditer la Ilniriade et y achever deux tragédies commencées : Eriphyle et Jules Céiiir. U chargea Cideville de lui trouver et retenir « un petit trou n pour le l.'i mars : ce trou était l'hôtel de Mantes, espèce de bouge où il ne lit que passer. l\ le quitta pour se loger chez son libraire, Joro, et pour mieux dérouter les soupçons il prit le nom d'un seigneur anglais forcé de voyager sur le continent, pour des raisons d'Etat. W ne revint à Paris qu'au mois d'août suivant.

mois. Vous ne sauriez croire les obligations infinies que je vous ai.

Omne tulit pundum (lui miscuit utile dulci.

HoR., de Art. poet., v. 343.

Adieu, ami charmant, négociateur habile % poêle aimable, et qui, par dessus tout cela, avez une santé de 1er, dont bien éloigné est, pour son malheur, votre très obligé serviteur. Si vous avez quelque chose à me mander, d'ici à mon arrivée, ayez la bonté de m'écrire sous le couvert de M. de Livri^ Comme je soupe là tous les jours, vos lettres m'en seront plus tôt rendues. Ne soyez pas étonné de toutes ces précautions: je n'en saurais trop prendre pour faire réussir un dessein qui me fera passer trois mois avec vous. Adieu.

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