‹ Lettres choisiesChapitre 430 sur 456 · V. page 340, note · texte numérisé non relu

V. page 340, note

J'ai autant d'horreur pour l'ingratitude que pour les assassins du chevalier de La Barre % et pour des bourgeois insolents qui voulaient être nos tyrans. J'ai manifesté hautement tous ces sentiments; je ne me suis démenti en rien, et je ne me démentirai certainement pas; je n'ai d'autre prétention dans ce monde que de satisfaire mon cœur.

Je suis votre plus ancien ami * ; vous vous êtes souvenue de moi dans ma retraite; votre commerce^ de lettres, la franchise de votre caractère *, la beauté de votre esprit et de votre imagination m'ont enchanté ^. Mon amitié n'est point exigeante, mais vous lui devez quelque chose; vous lui devez de me faire connaître aux deux personnes respectables qui ne me connaissent pas. Je ne leur écris point, parce qu'on m'a dit qu'ils ne voulaient pas qu'on leur écrivît, et que d'ailleurs je ne sais comment m'y prendre; mais vous avez des moyens et vous pouvez vous en servir pour leur faire passer le contenu de ma lettre. Je vous en conjure, madame, par tout ce qu'il y a de plus sacré dans le monde, par l'amitié. Il m'est aussi impossible de les oublier que de ne pas vous aimer.

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