X INTRODUCTION
célèbre Tronchin, médecin de Voltaire, n'a que deux lettres dans Beuchot ; il en reçoit vingt-trois dans ces deux volumes. L'anglais Fall^ener, marchand "de la cité de Londres, ambassadeur à Gonstantinople, à qui Zaïre est dédiée, manque dans l'ancien recueil; il reçoit, dans le nouveau, dix-neuf lettres. Un certain nombre de ces courts billets, pour la première fois recueillis et publiés, ont été dictés par Voltaire dans les derniers jours de sa vie et sur son lit do mort ; cette date leur donne un intérêt d'autant plus grand qu'ils suppléent, en un pareil moment, à l'insuffîsance de l'édition Beuchot.
Les pubhcations qui ont suivi n'ont pas, à l'exception d'une seule, l'importance de celle-ci ; on y constate, en outre, cette différence, qui est une véritable infériorité : elles se rapportent, non pas à la via entière de Voltaire, mais à une période restreinte ou même à quelques faits isolés. Trois de ces recueils sont originaires des archives publiques ou privées de la Bourgogne -. Voltaire comptait dans cette province beaucoup d'amis et quelques adversaires. Il avait eu pour camarade de collège le premier président Fyot de la Marche ; il avait acquis du président de Brosses, par bail emphytéotique, la jouissance du château de Tournay. et une querelle fort vive, comme il en surgit souvent entre locataires et propriétaires, ne tarda pas à les brouiller ; le conseiller Lebault, possesseur du célèbre cru de Corton, lui fournissait son vin ; ses relations avec le président Rulfey, de la chambre des comptes, commencées à Plombières, en 1754, duraient encore en 1778. Or, la correspondance générale, dans l'édition Beuchot, contient une seule lettre à M. de la Marche, une seule à M. de Brosses, neuf à M. de Rulfey, et n'en donne aucune à l'adresse du conseiller Lebault. MM. i'oisset, Beaune, de Mandat-Grancey ont réparé ces omissions. Sous ce titre, Voltaire et le président de Brosses^, M. Foisset a publié, en 1858, vingt-neuf lettres de Voltaire au président et quinze lettres de celui-ci qui jettent quelque lumière sur l'histoire de leur différend ; le même volume contient en outre vingt-six lettres à M. de la Marche, soixante-quatre lettres à M. de Rulfey, onze lettres nouvelles de Voltaire à Frédéric II, et vingt et une qu'il écrivit en 1753 au résident de France à Berlin, M. de la Touche. Les quarante-quatre lettres adressées au conseiller Lebault et publiées par M. de Mandat-Grancey, en ,1868*. peuvent piquer la curiosité de ceux qui aiment les moindres détails dans la biographie des grands hommes; mais un intérêt plus sérieux s'attache à quelques lettres de l'extrême jeunesse de Voltaire, découvertes par M. Beaune au château de Grosbois et qui lui ont inspiré d'écrire, en 1867, son livre intitulé Voltaire au collège^.