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Les Lettres du chevalier d'Her

Fontenelle, dans sa jeunesse, donna trois opéras, six comédies, la tragédie A'Aspar; tout cela fut sifflé. — Ses Dialogues des morts, en 1680, remplis de pensées fines et de paradoxes prétentieux, commencèrent sa réputation ; ses Entretiens sur la pluralité des mondes, en 1686, son Histoire des Oracles lui ouvrirent l'Académie où il prit place en 1691. Ce fut alors qu'il composa une Histoire de l'Académie des sciences, de 1666 à 1699, et des Eloges des académiciens, ouvrages qui popularisèrent, sous une forme élégante, les travaux des savants : ce sont là ses chefs-d'œuvre.

2. En 1714, au plus fort de la querelle des anciens et des modernes, La Motte écrivit un Discours sur la poésie et traduisit en vers V Iliade, quil réduisit à douze chants. Sa traduction ruina la cause qu'il soutenait et détruisit les paradoxes de son discours. Cette malheureuse tentative est surtout connue par l'épigramme de J.-B. Rousseau :

Le traducteur qui rima VlHade,

De douze chants prétendit l'abréger ;

Mais par son style aussi triste qnc fade, De douze en sus il a su l'allonger...

3. Ces « belles odes » que loue si complaisamment Voltaire sont froides, prosaïques et depuis longtemps oubliées ; il y a plus de grâce et de facilité dans ses odes anacréontiques.

Ses fables méritent d'être citées ; mais ses discours on dissertations en prose, qui ne manquent ni d'esprit, ni de bons sens, ni d'agrément, valent mieux que ses poésies.

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