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Expression qui rapelle ces vers de Boileau

0 vous donc qui, brûlant d'une ardeur

[l>érilleuse.

Courez du bel esprit la carrière épi-

[neuse.

Art poétique, cli. i", vers 7.

Courir, plus vif que parcourir, a passé du style poétique dans la prose :

.l'ai couru les deux mers qui séparent [Corinthe.

Racdie, Phèdre, a. 1. se. i.

5. Cette opinion, surprenante à première vue et, d'ailleurs, excessive, peut s'expliquer. Les hommes de génie, dont la fécondité avait enrichi et illustré le dix-septième siècle, n'étaient plus, et ceux qui devaient répandre tant de gloire et exercer tant d'ascendant sur le dix-huitième

cependant quel est le siècle où l'esprit humain ait fait plus de progrès que parmi nous? Voici un Jeune homme de seize ans * qui exécute en effet ce qu'on a dit autrefois de M. Pascal*, et qui donne un traité sur les courhesqui fernit honneur aux plus grands géomètres. L'esprit de raison pénètre si bien dans les écoles, qu'elles commencent à rejeter également et les absurdités inintelligibles d'ArIstote, et les chimères ingénieuses de Descartes ^ Combien d'excellentes histoires n'avons-nous pas depuis trente ans *'? Il y en a telle qui se lit avec plus de plaisir que Philippe de Comines ^ ; il est vrai qu'on n'ose l'avouer tout haut, parce que l'auteur est encore vivant^ : et le

siècle n'avaient pas encore jeté tout leur éclat ni déployé toute leur puissance.

1. Clairaut, né en 1713. A douze ans, il lut à l'Académie des sciences un mémoire sur quatre courbes qu'il avait découvertes ; à treize ans, il tenait sa place dans la société de la Cond;imine et de Noliet; à dix-huit ans, il fut reçu à l'Académie. Il mourut en 1765, après avoir composé de remarquables travaux.

2. Pascal (i6»3-1651), à Tâge de douze ans, avec des ronds et des barres, avait trouvé moyen d'arriver seul et sans livre, sur une simple délinilion de la géoméliie, jusqu'à la 3i« proposition d'Enclide. A seize ans, il écrivit en latin un traité des Sections coniques ; à dix-huit ans, il exécuta une machine aritliméti(jve pour la simplification des calculs.

3. Voltaire fait allusion aux tourbillons de matière subtile imagmés par Descarlcs (1596-1650), à son idéalisme, à ses hypothèses sur les esprits animaux, à son opinion sur les «?2f- >no«x-»Jrtc/<ine5, ctc.pnaisil est injuste envers lui, comme il se montre incrédule sur la précocité du génie de Pascnl. Les erreurs mêmes et les hy])t>thcses de Dcscarles ont provoqué de fécondes découvertes, notamment celle de la grande loi de l'attraction. formulée par Newton. La philosophie cartésienne, cultivée avec tant d'ardeur au dix-septième siècle, avait beaucoup perdu de son crédit : elle cédait la place, dans les écoles françaises, à celle de Locke, l'auteur de

l'Essai sur V entendement humain publié en 1690. Lock, né en 1632, était mort en 1734.

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