‹ Lettres choisiesChapitre 53 sur 456 · De quels historiens « excellents · texte numérisé non relu

De quels historiens « excellents

s'agit-il ici? Sans doute, Voltaire veut parler des recherches du comte de Boulainviliiers (1678-17-22) sur les origines du gouvernement français; ou bien encore des savnnts écrits de l'abbé Dubos sur l'établissement de la monarchie dans les Gaules (1670- 1742). Il n'a pas dû oublier non plus l'abbé de St-Héal et son Traité sur l'usaye de l'histoire {iG'i^-iO^Ji), ni l'auteur d'une Histoire' d' Aiuj leterre, Paul de Rapin-Thoiras, mort en 1725, ni surtout le président Louis Cousin, l'un des écrivains qui, en ce temps-là, ont le plus largement ouvert les sources de l'histoire (1627-1707).

5. Les mémoires de Comines se rapportent au règne de Louis XI et à l'e.vpédiuon de Charles Vill en Italie. Comines vivait de 1445 à 15G9 ; il quitta le service des ducs de Bourgogne pour celui du roi de France.

Sur sa vie et ses mémoires, voyez notre Histoire de la littérature au moyen âge. T. U, p. 279-295.

6. L'abbé de Verlot, né en 1655, mort en 1735, narrateur élégant et habile, mais liistorien peu exact et peu piofond. Le plus bel éloge qu'on l)ui5se faire de ces livres, c'est de reconnaître qu'ils sont intéress:ints à lire. 1\ a laissé des Jiéoolutions ro- 7naini'S, son meilleur ouvrage, des Révolutions du Portugal, des licvnlulions de Suède, et une Histoire de Malte.

moyen d'estimer un contemporain autant qu'un homme mort il y a plus de deux cents?

Ploravere suis non respondere favorem Speratum meiitisi.

Personne n'ose convenir franchement des richesses de son siècle. Nous sommes comme les avares qui disent toujours que le temps est dur. J'abuse de votre patience, messieurs; pardonnez cette longue lettre et toutes ces réflexions au devoir d'un honnête homme qui a dû se justifier, et à mon amour extrême pour les lettres, pour ma patrie et pour la vérité.

Je suis, etc.

LETTRE xxill. — A M. DE FORMONT^

Ce jeudi, 1731.

Je serais un homme bien ingrat, monsieur, si, en arrivant à Paris, je ne commençais pas par vous remercier de toutes vos bontés. Je regarde mon voyage de Rouen comme un des plus heureux événements de ma vie. Quand nos éditions se noyeraient en chemin, quand Érîphyle et Jules César seraient siffles, j'aurais bien de quoi me dédommager, puisque je vous ai connu. Il ne me reste plus à présent d'autre envie que de revenir vous voir. Le séjour de Paris commence à m'épouvanter. On ne pense point au miUeu du tintamarre de cette maudite ville :

Carmina secessum scribenîis et otia qussrunt.

OviD., Trist., I, 1, 41.

Je commençais un peu à philosopher avec vous ; mais

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