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LETTRE XXIX. — A M. DE CIDEVILLE

Ce 15 mai 1733.

Mon cher ami, je suis enfin vis-à-vis ce beau portail %

1. Vincent Voiture, né à Amiens en 1598, mort en 1648, memjjre de l'Académie française. On a de lui deux volumes de lettres et de poésies. Ecrivain spirituel, mais d'un esprit recherché et qui se plaisait aux petits sujets, il a joui de la plus grande vogue au milieu du dix-septième siècle, à l'époque où florissait l'hôtel de Rambouillet. Boileau, dans ses satires, en parle avec éloge et sans se révolter contre cette réputation. [Sat., m, ISl.) — Le jugement de Voltaire, vrai au fond, est un peu tranchant, et par là, touche à rinjnstice. Même remarque sur la façon dont il traite Saint-Evremond, dont les Réflexions sur l'histoire et la littérature, les Discours et les Lettres, méritent une appréciation moins sévère dans sa brièveté. Saint- Evremoud (1613-1703), esprit sérieux,

délicat et fin, caractère indépendant, dut s'exiler en 1661 pour éviter la Bastille, et son exil, qu'il passa en Angleterre, dura quarante ans. C'estun des rares libres-penseurs de la fin du dix-septième siècle, et, à ce titre, l'un des précurseurs de Voltaire.

2. Les Lettres anglaises ou Lettres philosophiques sur l'Angleterre. Commencées en 1727 et 172S. achevées en 1731 et 1732, elles parurent en 1733 à Londres, et furent imprimées en secret à Rouen la même année. Quelques exemplaires ayant été distribués dans Paris au commencement de 1734, l'ouvrage fut lacéré et brûlé le 10 juin par sentence du Parlement, et l'auteur décrété d'arrestation. Voltaire se réfugia en Lorraine.

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