‹ Lettres choisiesChapitre 65 sur 456 · Sannon, qu'il composa pour Rameau · texte numérisé non relu

Sannon, qu'il composa pour Rameau

4. A l'un des commis chargés de la surveillance de la librairie, sous le

à nos écrivains, et ne faites pas des volailles de bassecour de ceux qui, en prenant l'essor, pourraient devenir des aigles; une liberté honnête élève l'esprit, et l'esclavage le fait ramper. S'il y avait eu une inquisition littéraire à Rome, nous n'aurions aujourd'hui ni Horace, ni Ju vénale ni les œuvres philosophiques de Gicéron. Si Milton, Dryden% Pope et Locke, n'avaient pas été libres, l'Angleterre n'aurait eu ni des poètes ni des philosophes : il n'y a je ne sais quoi de turc à proscrire l'imprimerie ; et c'est la iiroscrire que la trop gêner. Contentez-vous de réprimer sévèrement les libelles diffamatoires, parce que ce sont des crimes; mais tandis qu'on débite hardiment des recueils de ces infâmes Calottes^ et tant d'autres productions qui méritent l'horreur et le mépris, souffrez au moins que Bayle* rentre en France, et que celui qui fait tant d'honneur à sa patrie n'y soit pas de contrebande.

Vous me dites que les magistrats qui régissent la douane de la littérature se plaignent qu'il y a trop de livres. C'est comme si le prévôt des marchands^ se plaignait qu'il y eût à Paris trop de denrées : en achète qui veut. Une immense bibliothèque ressemble à la ville de

contrôle supérieur et la direction du lieutenant de police.

1. Juvénal, né l'an 42 de notre ère, écrivit ses satires sous Domitien et ne les publia que sous Trajan et Adrien. Il mourut à Syène, en E^^ypte, à l'âge, de 80 ans, avec le titre dV préfet de légion. Ses vigoureuses et un peu déclamatoires satires ?ont au nombre de seize. Elève de Qiiintilien, il fut quelque temps avocat.

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