‹ Lettres choisiesChapitre 82 sur 456 · Ouvrage de Wolf, appartenant à · texte numérisé non relu

Ouvrage de Wolf, appartenant à

la première série de ses écrits rédigée en allemand; la seconde série est en latin.

3. Commerce. Terme très fréquent, dans les écrivains classiques, avec le sens de relations, écluinyes de pensées et de bons procédés. — « L'on voit des gens qui, dans les conversations ou dans le peu de commerce que l'on a avec eux » La Bruyère, De la Société, page 100. — « Vous êtes d'un commerce divin. » (M"» de Sévigné, t. V, 211.) — « xMa hlle fait fort bien d'avoir du commerce avec vous. »(/t/., t. IX, 98.) — « Si nous étions voisins,

lier d'une raonarcliie daigne, du sein de son palais, envoyer des instructions* h un solitaire! Daic^ncz me faire ce présent, monseigneur; mon amour extrême pour le vrai est la seule chose qui m'en rende digne. La plupart des princes craignent d'entendre la vérité, et ce sera vous qui l'enseignerez.

A l'égard des vers dont vous me parlez, vous pensez sur cet art aussi sensément que sur tout le reste. Les vers qui n'apprennent pas aux hommes des vérités neuves et touchantes ne méritent guère d'être lus. Vous sentez qu'il n'y aurait rien de plus méprisable que de passer sa vie à renfermer dans des rimes des lieux communs usés, qui ne méritent pas le nom de pensées. S'il y a quelque chose de plus vil, c'est de n'être que poète satirique, et de n'écrire que pour décrier les autres. Ces poètes sont au Parnasse ce que sont dans les écoles ces docteurs qui ne savent que des mots , et qui cabalent contre ceux qui écrivent des choses.

Si la Henriade a pu ne pas déplaire à Votre Altesse Royale, j'en dois rendre grâce à cet amour du vrai, à cette horreur que mon poème inspire pour les factieux, pour les persécuteurs, pour les superstitieux, pour les tyrans et pour les rebelles. C'est l'ouvrage d'un honnête homme ; il devait trouver grâce devant un prince philosophe-. Vous m'ordonnez de vous envoyer mes autres ouvrages; je vous obéirai, monseigneur; vous serez mon juge, et vous me tiendrez lieu du public. Je vous soumettrai ce que j'ai hasardé en philosophie; vos lumières seront ma récompense : c'est un prix que peu de souverains peuvent donner. Je suis sûr de votre secret ; votre vertu doit égaler vos connaissances.

nous ferions grand commerce de nos esprits et de nos lectures. » [Id., t. vi, 471.)

1. Instructions, moyens de s'instruire, règles pour l'esprit, doctrinam ac disciplinam.

2. Dans l'épitre dédicatoire à la reine d'Angleterre, placée en tête de l'édition de la Henriade que Voltaire pu-

blia à Londres en 1727, pendant son exil, on lit ce passage, qui peut être rapproché de cette lettre : « Votre majesté trouvera dans ce livre des vérités bien grandes et bien importantes:

la morale à l'abri de la superstition; l'esprit de liberté également éloigné de la révolte et de l'oppression; les droits des rois toujours assurés, et ceux du peuple toujours défendus. >

Je regarderais comme un bonheur bien précieux celui de venir faire ma cour à Votre Altesse Royale. On va à Rome pour voir des églises, des tableaux, des ruines et des bas-reliefs. Un' prince tel que vous mérite bien mieux un voyage ; c'est une rareté plus merveilleuse. Mais l'amitié, qui me retient dans la retraite oti je suis, ne me permet pas d'en sortira Vous pensez sans doute, comme Julien % ce grand homme si calomnié, qui disait que les amis doivent toujours être préférés aux rois.

Dans quelque coin du monde que j'achève ma vie, soyez sûr, monseigneur, que je ferai continuellement des vœux pour vous, c'est-à-dire pour le bonheur de tout un peuple. Mon cœur sera au rang de vos sujets ; votre gloire me sera toujours chère. Je souhaiterai que vous ressembliez toujours à vous-même, et que les autres rois vous ressemblent. Je suis avec un profond respect, de Votre Altesse Royale, le très [humble, etc.

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