‹ Lettres choisiesChapitre 90 sur 456 · Id., V · texte numérisé non relu

Id., V

4. 11 est à remarquer qu'un certain nombre de ces mots cités par Voltaire,

comme appartenant uniquement à a poésie ne s'emploient plus guère aujourd'hui, même dans le style noble et poétique; ils semblent vagues et emphatiques ; ils ont vieilli. A ces expressions trop générales on préfère des termes plus précis et plus simples. Le. pompeux a fuit son temps, même en poésie.

mOmes termes qu'on emploie en prose et en vers. Mais j'oserai dire que je n'aime point cette liberté, qu'on se donne souvent, de mêler dans un ouvrage qui doit être uniforme, dans une épître, dans une satire, non seulement les styles différents, mais encore les langues différentes; par exemple, celle de Marot* et celle de nos jours. Cette bigarrure me déplaît autant que ferait un tableau oii l'on mêlerait des figures de Gallot^ et les charges de Téniers avec des figures de Raphaël. Il me semble que ce mélange gâte la langue, et n'est propre qu'à jeter tous les étrangers dans l'erreur.

D'ailleurs, monseigneur, l'usage et la lecture des bons auteurs en a beaucoup plus appris à Votre Altesse royale que mes réûexions ne pourraient lui en dire.

Quant à la Métaphysique de M. Wolff% il me paraît presque en tout dans les principes de Leibnitz. Je les regarde tous deux comme de très grands philosophes; mais ils étaient des hommes, donc ils étaient sujets à se tromper. Tel qui remarque leurs fautes est bien loin de les valoir ; car un soldat peut très bien critiquer son général sans pour cela être capable de commander un bataillon.

Vous me charmez, monseigneur, par la défiance oii vous êtes de vous-même, autant que par vos grands talents. M°*° la marquise du Châtelet, pénétrée d'admiration pour votre personne, mêle ses respects aux miens. C'est avec ces sentiments, et ceux de la plus respectueuse et tendre reconnaissance, que je suis pour toute ma vie, etc.

\. Sur le style marotique, V. p. 9, notes 2 et 3.

2. Callot, né à Nancy en ly93, mortenlG'JD, excellait à représenter dans ses gravures au burin ou à l'eau-forte, des gueux, des bateleurs, les scènes tumultueuses des foires, des siè^'cs, des spectacles. Il a laissé J.dJÛ pièces, toutes remplies de verve

et do gaieté. Ses tableaux sont rares ; il y en a douze à Rome, peints sur cuivre. — Téniers, V. page 68, note 2. — Raphaël, le plus grand et le plus parfait des peintres modernes, dans le genre noble, naquit à Urbin en 1483 et mourut en ISiiO.

3. Wolf vulgarisa la philosophie de Leibnitz. V. page 85, notes 1 et 2.

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