VI PRÉFACE
œuvres, entre toutes, y ont contribué : l'édition des ou< vrages d’Abélard, publiés par V. Cousin !, et le livre de M. de Rémusat ?, «un chef-d'œuvre, » a dit un juge difficile 5.
Si cette lumière a justement contribué à faire appré- *
cier le génie d'Abélard, on ne peut se dissimuler qu’elle a été moins favorable à son caractère. Ce n’est pas du moins l'amant qu’il faut étudier en lui dans les Lettres amoureuses. Sans doute, il convient de faire la part de la réserve que lui imposait sa situation: On souffre toutefois, quelque excuse qu'on cherche, on souffre de voir cette passion si âpre, si violente à l’origine, faire place si vite à l'indifférence, presque à l'oubli, et ne trouver, en présence des plaintes désespérées d’'Héloïse, que les conseils d’une haute raison. Mais les Lettres de direction, en plaçant Abélard dans son véritable rôle, lui rendent sa supériorité. Plus sûr de lui, plus libre à l'égard
1. Ouvres complètes de Pierre Abélard, texte latin, 2 vol. in-4o, Durand, 1849.
2. Abélard, sa vie, Sa philosophie et sa théologie, par M. Charles de Rémusat, de l’Académie française, 2 vol. in-80. Didier, 8° édition, 1865. — Voir aussi les Lettres d'Abélard et d’Héloïse, traduites par M. Oddoul, avec un Essai sur la vie et les écrits d’Abélard et d'Héloïse, par M. et Mme Guizot, 1839. Cf. Lettres d’Héloïse et d'Abélard, traduction nouvelle, par le bibliophile Jacob, précédée d’un travail historique et littéraire, par M. Villenave; Dictionnaire des sciences philosophiques, publié sous la direction de M. Ad. Frank, ârt. Abélard, etc.