IV | INTRODUCTION
aura gâtées. » Cinquante ans après, Chateaubriand, qui critique Colardeau et admire Pope, ne connaît d’autres textes que ceux de Pope et de Colardeau.
Le besoin d’exactitude qui caractérise les travaux de la critique moderne a ramené les traducteurs contemporains à un sentiment plus vrai; et les versions de MM. Oddoul? et du bibliophile Jacob, complétées l’une par l’autre, rendraient aujourd’hui tout autre essai presque superflu, s’il ne s’était produik, depuis qu’elles ont vu le jour, deux travaux considérables et définitifs sur la matière : une histoire critique de la vie et des œuvres d’Abélard*, une édition complète de ses écrits5. C’est à la lumière de ces travaux qu'a été entreprise cette traduction nouvelle ; ce sera peut-être son seul mérite; que ce soit du moins sa justification.
Suivant d’ailleurs la tradition, en un point, les derniers
1. Génie du Christianisme, part. 1, liv. LIT, chap. v. — Cf. M. de Marchangy, la Gaule poétique, t. VI, p. 293.— En 1860, le roman de 1687 a reparu sous ce titre: Vie, amours, lettres et épîtres amoureuses d'Héloîse et Abailard, ouvrage composé d’après les documents les plus authentiques qui aient été publiés sur ces deux infortunés amants, suivis de détails exacts sur les diverses translations de leurs restes mortels, terminés par l’histoire curieuse et lamentable de Baudoin et Ginevière ou la côte des deux amants; traduction en vers de M. Creuzé de Lesser. — Paris, Baudry.
2, Lettres d'Abailard ct d'Héloise, traduites par M. Oddoul, avec un Essai sur la vie et les écrits d'Abailard et d'Iléloïse, par M. et Mme Guizot, Didier, 1839 et 1864.
3. Lettres d'Abailard et. d'Héloïse, traduction nouvelle par le bibliophile Jacob, précédée d’un travail historique et littéraire, par M. Villenave. Charpentier, 1849, 1864.
4. Abélard, sa vie, sa philosvphie et sa théologie, par M. Charles de Rémusat, de l’Académie française. Didier, 1840: 3e édition, 1865. Cf. Znéroduclion aux ouvrages inédits d'A bailard pour servir à l’histoire de la philosophie scolustique en Frunce, par M. Victor Cousin. Paris, gr. in-40, 1836.
5. Petri Abælardi opera hactenus seorsim edita, nunc primum in unum collegit textum, ad fidem librorum editorum scriptorumque recensuit, notas, argumenta, indices adjecit Victor Cousin, adjnvantibus C. Jourdain et E. Despois. Parisiis, Durand, 1849, — Cette édition a été faite sur le manuscrit de la bi-
— et