‹ Lettres complètes d'Abélard et d'Héloïse, texte latin soigneusement revu, traduction nouvelle précédée d'une étude philosophique et littéraireChapitre 3 sur 98 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

traducteurs ont cru pouvoir faire des analyses et des retranchements ; et'là où ils interprètent rigoureusement le texte, le latin faisant défaut à côté de leur version, il faut les croire sur parole. Il nous a paru utile de présenter, dans leur ensemble intact et sous le contrôle d’un texte irréprochable, — celui de l'édition de M. Cousin, — les lettres et tous les morceaux qui indiquent entre Héloïse et Abélard un. échange de pensées ou de sentiments, Ainsi pourra-t-on suivre exactement les transformations graduelles ou violentes, les ivresses et les douleurs, les réveils soudains, les mouvements étouffés de la passion qui remplit l’âme d’Héloïse jusqu’à son dernier souffle, et qu’Abélard respecte et ménage, alors même que depuis longtemps il a cessé ou s’est interdit de la partager.

La dramatique histoire de cette passion n’est plus à faire !. Je voudrais simplement ici en reproduire les traits essentiels, dégagés des erreurs que les imitations et les traductions libres y ont accumulées.

Quelque sentiment de tristesse que l'on éprouve tout d'abord en pénétrant, à la suite d’Abélard et d’Héloïse,

bliothèque de Troyes, le plus ancien des manuscrits que l’on connaisse et qui date de la seconde moitié du xn1° siècle. Ceux qui existent à la Biblio. thèque impériale (fonds latin, nos 2544, 2923) sont du x1v° siècle. D’après une note conservée à cette bibliothèque, les administrateurs du district de Nogentsur-Seine possédaient, vers le milieu de l'an IL (1793), un manuscrit qu'ils avaient retiré de la bibliothèque du Paraglet. On ne sait ce qu’il est devenu.

4. « La Vie d'Abélard, » dit M. Sainte Beuve, eu parlant de la partie biographique de l'ouvrage de M. de Rémusat, « est un chef-d'œuvre, » (Causeries du Lundi, VI, p. 298.) On sait, de plus, qu'il existe de la plume de M. de Rémusat un drame d’Abélard « tout fait, et qni obtiendrait, le suffrage du public des lecteurs, si l’auteur se décidait à le publier. »'(/d., Ibid., pe. 297.)— M. Sainte-Beuve attend lui-même, sans doute, cette publication, pour dire son mot sur les Lettres d'Héloïse et d’Abélard, un des rares sujets auxquels il n’ait pas encore attaché sa pénétrante critique et son autorité décisive,

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