‹ Lettres complètes d'Abélard et d'Héloïse, texte latin soigneusement revu, traduction nouvelle précédée d'une étude philosophique et littéraireChapitre 5 sur 98 · INTRODUCTION "VI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION "VI

La fortune le caressant, dit-il, lui offrait dans Héloïse la réunion de tousles attraits. Sans être douée d'une beauté remarquable, Héloïse ne manquait pas de charme, et déjà, malgré son jeune âge, elle jouissait d’un véritable renom de savoir; on pouvait, sans déchoir, s'abaisser jusqu’à elle, Une rare distinction d'intelligence promettait d'ajouter aux agréments. de son commerce les plus exquises voluptés de l'esprit. Son goût pour l'étude devait en assurer la durée ; il servirait à en établir le lien, Nulle, aussi bien, ne pouvait se refuser aux vœux d’Abélard. Et quel obstacle pouvait-il avoir à redouter? Point de mère dont la tendresse surveillât le prernier essor des sentiments de la jeune fille; point de père qui prit le soin de son honneur; pour tuteur, un oncle tout entier aux fonctions du canonicat, peu clairvoyant, fier de l'instruction de sa nièce et jaloux de l’accroître, maïs sans qu'il lui en coûtât. Quel coup de fortune pour le vieillard vaniteux et cupide, que le commerce journalier du maître dont la vertu jusqu'alors avait égalé le génie, et qui ne demandait pour prix de ses leçons que l’hospitalité du toit et de la table de famille! Déjà des amis communs l'avaient présenté, et Fulbert se montrait disposé non-seulement à l’autoriser, mais à le prier de tout mettre en usage pour l'éducation de son élève, les réprimandes,

précision. N6 en 1079 à Nantes, c'est en 1113 qu’il paraît être devenu le chef de l'École de Paris. Après divers voyages à Melun, à Laon, etc,, il revient à Paris, vers 1117, Sesrelations avec Héloïse embrassent les années 1118 et 111€. En 1120, il fonde le Paraclet. En 1128, divers documents établissent qu'il était à la tête de l’abbaye de Saint-Gildas. — (Voir la Correspondance litléraire, 1856-17, n°5). — En 1129, Héloïse et ses religieuses sont expulsées de Saint-Denis (V. Gallia Christiana, t. VII, Insérumenta, p. 52); la première bulle du pape Innocent II qui les confirme dans la possession du Paraclet est datée du 28 novembre 1131 (V. Gallia Christiana, t. XII, p. 259, 260, Instrumenta). La Lettre à un Ami, pustérieure à cet établissement, ne peut donc être antérieure à l’année 1132. On pense que c’est en 1134 qu’Abélard quitta définitivement l’abbaye de Saint-Gildas. On sait que, condamné par le concile de Sens, le2 juin 1140, il mourut à Saint-Marcel près Chälon-sur-Saône, le 21 avril 1147,

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