‹ Lettres complètes d'Abélard et d'Héloïse, texte latin soigneusement revu, traduction nouvelle précédée d'une étude philosophique et littéraireChapitre 82 sur 98 · QUARANTE-UNIÈME QUESTION D'HÉLOISE · texte numérisé non relu

QUARANTE-UNIÈME QUESTION D'HÉLOISE

Nous demandons qui a ajouté à la fin du Deutéronome, c’està-dire à la fin des cinq livres de Moïse, ce qui est raconté de la mort de Moise? Est-ce Moïse qui l'a écrit lui-même dans un élan d'esprit prophétique, si bien que cet appendice doive être considéré comme une partie de son œuvre, ou bien est-ce une addition de quelque main étrangère ?

Réponse d'Abélard.

«C'est Esdras, qui, » ainsi que le rapporte Bède, «a rédigé nonseulement la Loi, mais même, d’après la commune tradition, toute la suite des saintes Écritures, — laquelle avait été brûlée dans un incendie, — et qui l’a rédigée suivant les besoins tels

patriæ Paradisum sunt perventuri, et Dei vocatione digni : quorum nomina jam in libro vitæ sunt scripta. De qua quidem vocatione Dei, illud est Apostoli : « Quos autem prædestinavit, hoc et vocavit; et quos vocavit, illos et justificavit. »

PROBLEMA HELOISSÆ XLI.

Quærimus quis illud addiderit in fine Deuteronomii, librornm scilicet quinque Moysi novissimi, quod de morte Moysi et deinceps narratur : utrum videlicet ipse Moyses id quoque prophetico spiritu dixerit, ut etiam id libris ejus counumerari possit, an ab alio postmodum sit superadditum ?

Solutio Abælardi.

Sicut Beda super Esdram meminit : « ipse Esdras, qui non solum legem, sed etiam, ut communis majorum fama est, omnem sacræ Scripturæ seriem, quæ pariter igni absumpta est, prout sibi videbatnr legentibus sufficere, re-

qu'il se les représentait, » c'est Esdras qui a ajouté cette partie comme tant d’autres au texte de lPAncien Testament. Nous voyons certains passages ajoutés par les traducteurs au texte des Évangiles; tel ce passage de saint Mathieu : « Éli, Éli, lamma Sabacthani? » c’est-à-dire : « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ? » De mème, dans les autres Évangélistes qui ont écrit en hébreu, non en grec, le texte hébreu a subi quelques additions. De même encore , dans le livre des Hommes illustres à la fin duquel saint Jérôme s’est lui-même fait une place, son âge et la date de sa mort ont été ajoutés par une main étrangère.

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