‹ Lettres conchinchinoises sur les hommes et les choses du jourChapitre 10 sur 15 · APHORISME · texte numérisé non relu

APHORISME

Nous ne savons rien au monde de plus malpropre que l'aspect d'un enfant voué au blanc. /^ Dans un précédent volume, nous avons

parlé de la Comédie-Française , et nous n'avons rien dit du commissaire royal qui préside aux destinées de ce théâtre. C'est un oubli. Nous nous hâtons de le réparer.

Entre autres gagistes, la Comédie-Française compte un souffleur, des allumeurs de quinquets, des ouvreuses, des machinistes et un commissaire royal. — Les fonctions de ce dernier employé ne sont pas des plus faciles à définir.— Une ouvreuse ouvre; un allumeur allume; un souffleur souffle, et un mathinisle machine : c'est simple comme Bonjour (Casimir).

Quant au commissaire royal, c'est autre chose. Quel estson but, son utilité? Sa destination, quelle est-elle ? — Pourquoi est-il commissaire? et pourquoi étant commissaire est-il commissaire royal ?

Est-il chargé de recevoir les pièces ? — Non, car il y a un comité spécial.

Est-il chargé de les mettre à l'étude ? — Non, car il V a un metteur en scène.

Serait-il, d'aventare, chargé de les transcrire, de faire les fonctions de copiste? — Non, car il n'est pas certain qu'il sache l'orthographe.— Il est môme avéré qu'il ne la sait pas du tout.

Dans l'antiquité, — il y a cinq ans, — les comédiens ordinaires du roi vivaient en puissance de directeur. Ils avaient juré fidélité à la charte constitutionnelle de M. Jouslin de la Salle. — Peu après, ils l'accusèrent de tyrannie et secouèrent son joug trop pesant. Alors vint M. Yédel. Celui-là n'était certes point fait pour inspirer des craintes à personne; c'était une manière de bon roi d'Yvetot, se levant tard , se couchant tôt, dormant fort bien, — surtout les jours de tragédie.

Deux ans ne s'étaient pas écoulés , et déjà M. Yédel était contraint d'abdiquer à son tour. Les comédiens demandaient que sa tète tombât ; — mais il ne tomba que plusieurs pièces.

Ce fut dans ces circonstances graves qu'oa inventa le commissaire roval ,

Il fallait un homme de paille, un gérant responsable, une cinquième roue au carosse , quelque chose de peu gênant et de point du tout incommode ; — ne soufflant jamais un mot plus haut que Tautre ; ayant des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre, une bouche pour se taire; — voulant tout ce qu'on veut , approuvant tout ce qu'on approuve, et signant tout les yeux fermés. — C'est pourquoi M. Buloz fut nommé à l'unanimité.

Telles sont les fonctions importantes que M. Buloz remplit depuis tantôt trois ans avec un zèle et une intelligence qu'on ne saurait trop louer. — On rend des honwnages publics à Jacquard ; on devrait porter en triomphe celui qui a découvert M. Buloz, car c'est une machine bien autrement remarquable, — quoique moins utile, — que celles de Jacquard.

Généreuse comme une grande dame, la Comédie-Française allouait à son commissaire un traitement de six mille francs. Mais aujourd'hui qu'elle a vu l'homme à la besogne, à pré-

sent qu'elle a eu le temps de se convaincre de son entière nullité, elle a trouvé que cinq cents francs par mois ce n'était pas payé .

En conséquence, le traitement de M . Buloz, commissaire royal, vient d'être porté à douze raille francs par an.

Les muets du sérail , — qui sont les Buloz de l'Orient , — gagnent beauco up moins et travaillent beaucoup plus.

^% M. Cousin, grand officier de la légion d'Honneur, ancien ministre , pair de France, membre du conseil de l'instruction publique, etc. , etc. , etc. — M. Cousin est par dessus tout un profond philosophe.

M. Cousin s'est convaincu, par la lecture des bons auteurs, que la fortune est féconde en revers inattendus, — et que rien n'est fragile comme les prospérités de ce bas monde.

C'est pourquoi M. Cousin exploite le plus

qu'il peut sa position. Il fait des économies, en songeant à l'avenir, — Semblable à la fourmi, il entasse pour les mauvais jours.

En sa qualité de ministre de l'instruction publique , M. Cousin a été en butte pendant quinze mois à une véritable avalanche de livres de toute espèce et de tous les genres. Il n'est pas un auteur, du plus grand jusqu'au plus petit, — qui ne se soit empressé d'adresser au ministre son œuvre , ornée d'une superbe dédicace manuscrite : A M. Cousin , hommage de Vauteur. — Hommage de l'auteur à M. Cousin, etc., etc., etc.

Un jour de la semaine dernière, M. Cousin, pair de France et grand officier de la Légiond'Honneur, a fait appeler chez lui un libraire, bien connu des journalistes parisiens, — lequel achète, à très vil prix , à ces messieurs, les ouvrages dont ils ont rendu compte dans leurs feuilletons respectifs.

Ce commerce, d'une honnêteté équivoque, s^appelle lavage. — On dit laver vn livre.

— Monsieur, a dit l'ancien ministre au liijraire, j'ai là quelques ouvrages dont je serais bien aise de me défaire. — Quels sont vos prix ?

— Trente sols le volume de prose ; quinze

sols le volume de vers la poésie est bien

avariée !

— C'est bien peu .

— C'est sur ce pied pourtant que je traite avec ces messieurs des journaux.

— Je vous ferai observer, a repris le pair de France, que les ouvrages que vous tenez des journaux sont, pour la plupart, maculés, froissés, tachés. — Les miens, au contraire, n'ont pas étéseulementcoupés. — Riennevous empêchera de les revendre comme entièrement neufs.

— Pardonnez-moi il me faudra toujours

lacérer la première page, — à cause de votre nom et de la signature de l'auteur.

«^ Enlever mon nom ! a interrompu avec colère le grand officier de la Légion-d'Honneur; faire disparaître la signature de l'auteur ! Mais vous n'y pensez pas ? C'est précisément là ce qui donne quelque valeur à cette insignifiante collection !

Vaincu par cet argument , le libraire a doublé ses offres, et l'affaire n'a pas tardé à s'arranger.

On rapporte que le soir, en se couchant, M. Cousin s'est écrié :

— « Je n'ai pas perdu ma journée ! »

Nota. La collection tout entière est visible sur les quais.

^*^ On parlait de l'aire débuter, à l'Opéra , M^^« Loëve, — une chanteuse allemande qui a une belle voix.

— Pourquoi l'engagerai t-on ? a dit M"»^ Sloltz. — J'ai trois ans de moins qu'elle et deux dents de plus.

^% Voici Tune des meilleures plaisanteries qui soient écloses depuis long-temps dans la cen^elle du peu pie fran çais, — ce peuple le pi u s spiri... etc., etc., etc., etc.

M. Théleur est un honnête professeur de danse, anivé tout récemment d'Angleterre, — où il a gagné une quinzaine de mille livres de rentes à démontrer la pirouette et à enseigner Tentrecliat.

M. Théleur est venu se fixer en France, — car si Londres est le seul endroit où Ton sache faire sa fortune, Paris est la seule ville où l'on <;ache la (uanger.

Malgré ses quarante-cinq ans et son torse reprochable, M. Théleur est fou de son art. — Il ne donne plus de leçons, parce que, grâce au ciel, il est au dessus de cela. Mais il s'occupe toujours de chorégraphie. — A force d'enseigner les autres , M. Théleur s'est persuadé qu'il devait être un grand danseur. — Il est donc allé trouver M. Léon Pillet, lui demandant de l'engager à la place de Mazillier, — qui commence à avoir beaucoup de ventre pour l'emploi des zéphyrs.

Voyant à quel homme il avait affaire, et prévoyant quelque bonne mystification, M. Léon Pillet répondit à M. Théleur :

— Monsieur, il y a long-temps que je vous connais. Je sais de quoi vous êtes capable. Je suis sûr que votre présence à l'Opéra ressusciterait le ballet qui se meurt ; mais il m'est impossible de vous engager. MaziUier, Petitpas, Mabille, tous mes danseurs, ne me le pardonneraient fms. — Attendons un moment plus opportun. — Néanmoins, je vous accorde vos entrées dans mes coulisses, — trop heureux si vous daignez souvent vous y montrer.

Depuis ce jour, M. Théleur fréquente ass'dûment les coulisses de l'Opéra. — Au théâtre, tout le monde a le mot d'ordre. — A peine paraît-il, que chacun se découvre ; — voici Théleur î — c'est Théleur ! — notre grand Théleur ! — vive Théleur ! — on se presse, on l'entoure ; on lui demande ses conseils, on implore ses avis. — Les maîtres du ballet le consultent, — M. de Boignes lui prend la main ; — M. de Saint-Georges l'appelle « mon ami. » — Les rats se disputent l'honneur de porter sa canne et de ramasser son chapeau.

D'abord M. Théleur a été abasourdi ; peu à peu il s'est fait à ces hommages. — A présent il est convaincu de son mérite, et il se croit le premier danseur desdeuxhémisphères. — Rien n'égale sa présomption, si ce n'est son aveugle crédulité.

A la suite d'une représentation à l'Opéra, on imagine d'aller souper tous ensemble, — un souper fin avec forces truifes, primeurs de la saison, et vin de Champagne à indiscrétion. Arrive le quart d'heure de Rabelais ; on apporte

la carte : un convive l'arrache des mains du garçon :

— Diable ! fait-il ; c'était bon, mais c'est cher.

— Combien est-ce? demande M. Théleur,en tirant sa bourse.

— Cent trente-cinq francs par tête.

M. Théleur donne les cent trente-cinq francs, et la consommation générale se trouve payée.

Le plaisant de l'histoire, c'est que cinq ou six journaux se sont mis de la partie. — On a fuit des biographies de Théleur ; — on lui a adressé des vers ; — on l'a célébré sur tous les tons; — si bien qu'un correspondant dramatique lui a offert un engagement de premier danseur pour le théâtre royal de Saint-Pétersbourg. — Mais Théleur a refusé ; Théleur appartient à la France. — Théleur, lui a-t-on dit

un j€ur, puisque la scène de l'Opéra vous est interdite, grâce à d'ignobles coteries et à de mesquines jalousies, il vous faut donner sur un autre théâtre un échantillon de votre beau talent.

Une représentation a été bien vite organisée au petit théâtre des Folies-Dramatiques, et Théleur y a dansé un ballet de sa composition,— vêtu d'une tunique de gaze, le front ceint d'une couronne de roses — pompon.

Au

Au dénoûment de l'ouvrage, Théleur devait traverser la scène dans un char triomphal, traîné par deux tigres.

— Où diable prendrai-je mes deux tigres ? demandait Théleur à une répétition.

— Au Jardin des Plantes, lui répondit-on.

— Croyez-voLiîj que Ton consente à me les prcler ?

— Le gouvernement n'a rien à refuser à un artiste de votre force.

— C'est juste.

Théleur se rendit au Jardin des Plantes, — et fut très surpris qu'on n'accédât pas à sa demande. — Il en a été réduit à se faire traîner par deux figurans que l'on revêtit de peaux d'ours.

Tout l'Opéra assistait à cette solennité, en loges découvertes. — A la chute du rideau, Théleur a été rappelé, applaudi à trois reprises, et enterré sous une avalanche de fleurs. — Pauline Leroux lui a jeté son bouquet ; Nathalie Fitz-James a détaché la guirlande de son chapeau ; Adèle Dumilàtre lui a envoyé des baisers; Maria et Blangy ont déchiré leurs gants à force de claquer. Pendant ce temps-là, Petitpas et Mabille versaient des larmes de dépit, dans un coin.

A la sortie du spectacle , on l'a ramené

jusque dans son doïnicile, — où une sérénade lui a été donnée durant une partie de la nuit.

Il y a quelques jours, on a dit à Théleur :

— Vous ne savez pas, mon cher, — le roi a entendu parler de vous, et il veut absolument vous voir danser. La représentation aura lieu à la salle Chantereine. Mais, comme sa majesté qui ne va pas aux grands théâtres, ne peut pas se montrer dans un petit, elle se tiendra, — ainsi que toute la cour, — dans les couloirs,

— regardant à travers les lucarnes des loges, et par diverses fentes pratiquées aux cloisons.

— Il n'y aura personne dans la s&ile, mais jamais danseur n'aura été vu par un plus magnifique auditoire — invisible. — Apprêtezvous.

Théleur s'apprête.

/^ On lisait dans la Revue de Paris du 21 mars :

« M. Inchindi débutait vendredi dernier à » rOpéra, parle rôle du cardinal dans la Juive. » Il apporte à l'Académie royale de musique, » les qualités et les défauts par lesquels il se » faisait remarquer , il y a tantôt dix ans , à. » rOpéra-Comique.

» C'est toujours le même chanteur, assez » correct , mais froid et sans élan , la même » voix flexible, si l'on veut , mais terne, molle » et dépourvue de toute espèce de vibration » et de caractère. »

Quel dommage pourtant que M. Inchindi n'ait jamais débuté à l'Opéra !

Ce même vendredi — dont parle la Revue de Paris, — M. Inchindi ayant été subitement indisposé, le rôle du cardinal a été chanté par M. Alizard. — Depuis, M. Inchindi a rompu avec M. Léon Pillet.

Notre interprète, — à qui nous parlions de cette singulière aberration du journalitjlc, nous adit :

— Comme Vertot, le rédacteur avait lait son siège d'avance.

^% Les directeurs de théâtres qui devraient être des hommes inlelligens et instruits, n'ont souvent ni intelligence, ni instruction , — en revanche ils ont la plupart du temps , des maîtresses,, — lesquelles dirigent en chef et sans jtartage.

En langage de coulisses, ces dames $'appel- \eni des Égéries.

L'Égérie est toute puissante dans son théâtre. — Elle assiste aux lectures. — Elle surveille les répétitions.— Elle rédige les affiches. — Elle donne des audiences. — C'est une autocratie qui domine tout, qui pèse sur tout. — Elle règne sur toute la ligne.

Il y a quelques mois, rÉgérie de l'Ambigu - Comique était une actrice maigre et spirituelle, jiomuïéc M"«^ Valois, très redoutée de ses camarades et des auteurs, à (}ui elle n'épargnait

ni les railleries , ni les épigrammes , ni les médians tours.

En ce temps-là, on jouait à l'Ambigu un mélodramme de M. Paul Foucher , qui , — pour être excessivement myope , -— n'en voit pas moins bien ses intérêts.

Vers la dixième représentation , la pièce fut subitement arrêtée. — Aussitôt M. Foucher accourt à l'Ambigu, et rencontrant le directeur :

— Monsieur, dit-il, je serais bien aise de savoir pourquoi ma pièce est suspendue? — c'est probablement parce que je n'ai pas donné le rôle à M"e Valois?

— Mais, monsieur, interrompt le directeur, je vous assure

— Pourquoi ne pas l'avouer ? reprend le poète qui s'échautFe ; la branche des Valois a toujours été fatale à la France il n'est

pas surprenant qu'elle le soit à Paul Foucher.

— Qu'appelez - vous branche de FcUois?

s'écrie le directeur en courroux. Apprenez que

ipie Valois n'est point une branche Je parie

même qu'elle est moins maigre que votre maîtresse.

Voilà un échantillon des capacités à qui sont confiées les destinées de l'art en France.

/^ La Chambre des Pairs a voté le projet de loi des fortifications de Paris. — A' cette occasion on a prononcé quarante-un discours,

— assaisonnés d'un grand nombre de solécismes, — oîi sont intervenus à tout propos ,

— et hors de propos, — Vauban, Jeanne d'Arc, Condé , Alexandre-le-Grand , Turenne, Pompée, César, Napoléon, M. Soult et Gengi*-Kan.

De cette discussion, il résulte clairement que l'empereur Napoléon n'a jamais eu la moindre stabilité dans sa manière de voir et dans sa façon de penser. Ce capitaine, dénué de toute stabilité dans les idées, aurait passé

une moitié de sa vie, — s'il faut en croire les pairs de France, — à approuver le projet de fortifier Paris, et l'autre moitié à le désapprouver.

1«> Orateur {à la tribune). Comme l'a dit Napoléon, bon juge dans la matière, Paris ne peut exister sans enceinte continue et sans forts détachés.

2« Orateur (à la tribune). Personne ne récusera l'opinion de l'Empereur. Eh bien ! l'Empereur n'a pas caché que la fortificalion de Paris est un acte aussi dangereux qu'impoli tique.

3^ Orateur {de sa place). J'ai lu dans le premier volume du Mémorial de Sainte-Hélène que l'Empereur a toujours regretté de ne point avoir fortifié Paris. — Est-ce assez clair?

4^ oRÂTEm {de sa place). Le deuxième volume du Mémorial de Sainte-Hélèfie nous apprend que Napoléon repoussa toujours l'i-

(lée de faire une place forte de la capitale d»^ la France. — Est-ce assez concluant?

Les fortifîcationistes ont fini par l'emporter. — La capitale du monde civilisé ne sera plus à l'avenir qu'une place de guerre, — avec tous les agrémens obligés : crénaux , bastions, remparts, murs de sûreté, ponts-levis , canons , fossés ; — et , par dessus tout cela , soldats de tout grade et de toutes armes qui vont affluer de toute part et rendront les Parisiens prisonniers dans leur propre ville.

Ah ! ça... la France est donc la reine des nations, elle n'a donc plus rien à désirer sous le rapport moral comme sous le rapport matériel , que sesgouvernans gaspillent de la sorte des centaines de millions ? — Il n'y a donc pi us, —dans ce pays de cocagne , — ni routes à percer, ni canaux à creuser, ni monumensà élever, ni bateaux à vapeur à construire, ni chemins de fer à tracer?

0 Parisiens ! vous venez d'assister tranquillement au prologue d'une farce tragique dont

votre ruine formera le dénoûment. — Un siècle encore , et Tours sera la capitale de la France .

^\ Pendant ce temps-là , à quoi s'occupaientmessieurs les députés ?

Les trois quarts de ces messieurs s'étaient installés au Luxembourg, oii ils assistaient à la discussion du projet de loi en question. — Le quatrième quart, — n'ayant rien de mieux à faire, — s'occupait, tout doucement, en famille, de savoir jusqu'à quel point la propriété littéraire est une propriété.

W Chaix-d'Est-Ange , avocat , s'est élevé à une grande hauteur dans cette discussion. — Il a prouvé, clair comme de l'eau du puits de Grenelle , que la littérature n'est jamais plus florissante qu'aux époques où les gens de lettres sont les plus misérables.

Dans un grenier, qu'on est bien à vingt ans !

La chambre, entraînée par cet argument inattendu, s'est empressée de déclarer, par

22S *ï>oii vote, que la propriété litleiaiio n'est pojiit une propriété.

Ah! littérature, ma mie; ah! tu avais la folle prétention de figurer, comme une autre, au grand banquet social ! Ah ! tu voulais t'y asseoir, comme fait un cordonnier enrichi ou un ex-fabricant de bretelles! Ah! tu pensais que la propriété d'une idée vaut bien la propriété d'un champ! Ah! tu t'imaginais ces choses-là et beaucoup d'autres encore ; — mais la chambre t'a joliment remise à ta place , ma fille. — Faut-il donc te le répéter :

La propriété littéraire n'est point une propriété.

Attrape !

/^ M. Thiers , — qui n'est ni un homme de guerre ni un homme de finances, — a souvent pris la parole dans la discussion du budget et dans la discussion du projet des fortifications.

En revanche, M. Thiers, — qui est un hom-

me de lettres et qui doit tout à la littérature,— n'a pas trouvé un mot à dire dans la discussion du projet de loi sur la propriété littéraire.

/^ La quatrième page des grands journaux contient, depuis trois mois, l'annonce suivante :

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