‹ Lettres conchinchinoises sur les hommes et les choses du jourChapitre 4 sur 15 · HL RAXG QU'OCCUPE LA FRANCE PARMI LES AUTRES KATIOXS · texte numérisé non relu

HL RAXG QU'OCCUPE LA FRANCE PARMI LES AUTRES KATIOXS

Le rang qu'occupe la France parmi les autres nations •

DE L'LMOX qui UÉGAE DANS LE PEUPLE FRANÇAIS.

L'uiiiuii qui rogiiô dans le peuple français

Vifl

Piris, 20 janvier.

Le peuple français esi le plus studieux de tous les peuples, s'il faut eu juger par le nombre de bibliothèques disséminées dans Paris.

Ces bibliothèques sont fréquentées par une très petite quantité de personnes qu'on peut diviser en quatre classes :

1° Jeunes gens de quinze à vingt ans qui viennent y dévorer, en cachette, des romans

graveleux qu'ils ii'oseraienlj pas lire devant leur mère.

2'^ Littérateurs érudits qui viennent y copier de vieux livres qu'ils ne tarderont pas à publier sous leur i;om.

5« Oisifs et pauvres diables qui viennent demander aux bibliothèques du feu pendant l'hiver, de l'ombre pendant l'été.

4>^ Étrangers qui viennent là comme ils sont allés au Jardiu-des-Plantes, uniquement parce qu'il faut bien aller partout , lorsqu'on est à Paris.

Les bibliothèques donnent lieu à plusieurs sinécures parfaitement inutiles, mais parfaitement rétribuées.

Il y a des directeurs qui reçoivent huit mille francs pour ne rien diriger; — des conservateurs à qui l'on alloue six mille francs pour conserver, à peu près comme les directeurs dirigent, — et des employés qui ne reçoivent que douze cents francs.

Il est bien entendu que ce sont ceux-là qui font toute !a bjsogne.

Nous nous imaginions que les places de conservateurs et de directeurs de bibliothè-

m ques élaieiit réservées à de vieux liUé^atellr^ qu'oïl récompensait ainsi de leurs grands travaux et dê^ nobles études de toute leur vie. C'était une erreur. —Ces places, comme une infinité d'autres, servent à payer des dévoùmens politiques. Ce sont là de ténébreuses transactions dans lesquelles la littérature n'a rien à voir; — Dieu merci.

^'"^ D'ailleurs, on a reconnu que la littéraiiire e^t suiFisamment récompensée parrinstiluion djs quarante fauteuils de l'Académie îrançaise.

L'Académie française est une société — autorisée par M. le préfet de police, — dont tous les membres sont déclarés im'mortels et touchent, en conséquence, une pension de quinze cents francs jusqu'au jour de leur mort.

Une fois par semaine, les académiciens se réunissent à l'Institut, prennent place sur des banquettes rembourrées en foin, — qu'ils s'obstinent il a])peler fauteuils, — et là, après s'ètrtî miTtuellement souhaité le bonjour, et il)rès s't"'lre d 'mandé d^ leurs nouvelles réci-

proques. ils se livrent à leur travail hebdomadaire.

Page 1