‹ Lettres d'Abailard et d'HéloiseChapitre 26 sur 45 · OS^C · texte numérisé non relu

OS^C

A l'ii.niiF. , son Irôs-rôvcroiid paslour et pd'io, vciu-rable abbc <lc Cliiny,

IIeluïsc , humble servante de Dieu, et la sienne,

l'esprit (le la grâce du salut.

A divine miséricorde, et avec elle votre

condescendance, nous a visitées. Nous

nous félicitons de ce que votre gran-

; deur a daigné descendre jusqu'à notre

^^^ petitesse , et nous en sommes fières, car votre visite est un grand honneur ^^ môme pour les plus grands. Les autres savent combien la présence de votre Sublimité leur a apporté d'avantages ; pour moi, il m'est impossible, je ne dis pas seulement d'exprimer par des mots, mais d'embrasser dans ma pensée tout le

•22V LETTUE D'IIÉLOISE A IMEUKE LE VÉNÉUABLE.

bienfait et toute la douceur de votre visite. Vous , notre abbé , notre seigneur, vous avez franchi notre seuil , Tan dernier , le seizième jour des calendes de décembre, et vous avez célébré une messe spéciale pour nous recommander au Saint-Esprit. Dans le chapitre , vous nous avez nourries de la parole divine , et votre bouche a fait notre éloge : vous nous avez rendu le corps du Maître , et vous nous avez accordé le bénéfice de Cluny. Moimême , qui ne suis pas digne du nom de votre servante , votre sublime humilité n'a point dédaigné de me donner dans votre lettre et dans votre entretien le nom de sœur : comme un gage particulier de votre sincère affection, vous m'avez donné un Tricenarium que le couvent de Cluny doit acquitter après ma mort au profit de mon ame, et vous avez ajouté que vous auriez soin de confirmer ce don par l'apposition de votre sceau. Ce que vous avez eu la bonté de promettre à votre sœur, je dirais mieux à votre servante, veuillez , mon frère, je dirais mieux, mon seigneur, veuillez l'accomplir.

Plaise à votre bonté de m'envoyer un autre sceau, dans lequel l'absolution du Maître soit contenue en termes clairs, afin qu'il soit suspendu à son tombeau.

Souvenez - vous aussi, pour l'amour de Dieu, de notre fils Astralabe , qui est aussi le vôtre , afin d'obtenir pour lui une prébende de l'évoque de Paris ou de tout autre diocèse.

Adieu; que le Seigneur vous garde, et nous accorde quelquefois la faveur de votre |)résen(e.

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