‹ Lettres d'Abélare et d'Héloïse;Chapitre 49 sur 64 · TRENTE-QUATRIÈME QUESTION D'HÉLOÏSE · texte numérisé non relu

TRENTE-QUATRIÈME QUESTION D'HÉLOÏSE

ÿoici encore qui fait question pour nous : « Jusqu'à ce que, stérile, elle mit au monde beaucoup d'enfants. » Sans doute, l'Écriture dit bien ensuite qu'après Samuel, Anne mit au monde trois fils et deux filles. Mais au moment où elle chantait cette hymne, elle n'avait encore eu que Samuel. Comment aussi, dit-elle de ses fils « beaucoup » et des fils de Fénenna, sa rivale, « plusieurs, » comme si elle en avait eu plus que Fénenna ? L'Écriture ne détermine pas, ilest vrai, le nombre des enfants qu'eut Fénenua.

Quelques-uns pensent toutefois qu'elle en eut plus qu'Anne, c'est-à-dire sept.

Reponse d' Abétard.

I| n'y a pas lieu d'entendre dans ce passage « beaucoup » comme un terme de comparaison relativementà un nombre moindre. Les mots « beaucoup» et e plusieurs » sont emplovésici dans un sensabsolu. Ce sont deux mots différents pour exprimer une même chose. D'autre part, rien ne s'oppose à ce qu'Anne eût eu plusieurs fils, quand elle composa cette hymne en l'honneur du Seigneur, bien que l'Écriture rapporte qu'elle n'avait encore eu que Samuel.

Les récits de l'Écriture, en effet, ne sont pas toujours conformes à l'ordre historique. Les choses parfois sont présentées hors de leur place. D'ailleurs Anne peut dire cela par esprit de prophétie, alors qu'elle n'avait encore que

502 PROBLEMATA CUM RESPONSIONIBES.

pro solo Samuele, ut ipse scilicet pluris esset in pretio, quum filii Fenennz, licet unus in numero. lloc enim modo nonnunquam contingit, ut 1]lum dicamus plus habere, quam alium, qui pauciora numero, sed pretiosiora possidet.

PROBLEMA HELOISSÆ XXXV.

Obsecramus et quid illud sit : « Samuel autem ministrabat ante faciem Domini, puer accinctus ephod lineo, et tunicam parvam faciebat mater sua, quam afferebat statutis diebus, ascendens cum viro suo, ut immolaret hostiam solemnem. » Sive enim levita, ut probabilius est, sive sacerdos Samuel fuerit, nequaquam ætas pueritiae. ministerio ejus convenire secunduin legem poterat, ut videlicet. ephod accintus tanquam levita, vel sacerdos, vitam lenera ætate ministraret. Quicrimus et quam tunicam vel quibus temporibus statutis mater puero allerret.

Solutio Abclardi.

Ministrare puer in aliquibus officiis minoribus polerat, cphod quo jue lineo accinctus. Unde et illud est Rabani s«cundum Augustinum : « Samuel accinctus ephod bar, hoc est superliumerali lineo, quod distat ab illo ephod, quo induebatur pontifex : quia istud tantummodo lmeum fuit, et concessum minoribus gradibus ad utendum. lllud euim, quod vestiebat. pontificem, ex quatuor coloribus, id est, hyacinto, bisso, cocco, purpura, et ex auro habebatur contextum. »

Statutos dies patet esse supradictos triuin festivitatum secundum legem, ut in singulis illis praecipuis solemnitatibus anni, mater sollicita filio novam tunicam afferret, in qua ipse Domino mundius vel honestius ministraret, superhumerale lineum desuper habens, quo accinctus, et nou oneratus, expeditius ministrare posset. Quem, ni fallor, habitum monachi nunc imitantur, quum opera manuum in tunica el. scapulari desuper accincto soleant exercere. Quid enim aliud. scapulæ quam humeri? Aut quid scapulare, uisi superhumerale ? Denique, quis improbet Samuelem, licet puerum, in officio levi'arum, pro necessitate ministrare, hoe etiam Eli jubente, quum nullus tunc in domo Eli reperiretur hoc officio dignus ? Notum quippe proverbium est : « Necessitas non habet legem. »

PROBLEMA HELOISSE XXX VI.

Rogamus quippe et quierimus, quis fuerit i'le vir Dei a Domino missus a Eli ut euin corngeret, ct mala domui cjus venturas prædiceret ?

Samuel. Enfin, il n'y aurait rien d'extraordinaire à ce qu'elle eût parlé seulement de Samuel, comme étant plus précieux à lui seul que tous les fils de Féneuna. Il n'est pas rare de dire que tel est plus riche qu'un autre, qui possède moins de choses, mais des choses de plus de prix.

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