‹ Lettres d'Abélare et d'Héloïse;Chapitre 50 sur 64 · TRENTE-CINQUIÈME QUESTION D'HÉLOISE · texte numérisé non relu

TRENTE-CINQUIÈME QUESTION D'HÉLOISE

Nous demandons encore ce que veut dire ceci : « Samuel servait devant la face du Seigneur, enfant vétu du manteau delin; et sa mére lui faisait une pelite tunique qu'elle lui apportait aux jours marqués, montant au temple avec son époux pour offrir solennellement une victime. » Que Samuel füt prétre ou, comme il est plus probable, lévite, sa jeunesse, aux lermes de la Loi, ne convenait pas à ce ministère. 1l ne pouvait, en un âge si tendre, y avoir consacré sa vie, et avoir revêtu le manteau de lin, soit comme lévite, soit comme prétre. Nous demandons aussi quelle tunique sa mére lui apportait et à quels jours fixés.

Réponse d'Abélard.

Samuel pouvait, tout enfant, rendre quelques offices d'ordre secondaire, revétu du manteau de lin. Ainsi le fait entendre ce passage de Rabanus, conforme à saint Augustin : « Samuel revêtu de l'éphod, c'est-à-dire du monteau de lin, qui diffère du manteau du prêtre. L'éphod seul était delin, el il était le costume des ordres inférieurs. La robe du prêtre était teinte de quatre couleurs : jacinthe, safran, écarlate, pourpre, et, de plus elle était tissue d'or. »

Quant aux jours marqués, il est évident que ce sont les jours des trois fêtes de la Loi. Chaque année, à chacune de ces solenuités, la mère pleine de sollicitude apportait à son fils une tumque neuve, pour qu'il pôt servir Dieu dans une tenue plus propre ou plus belle, portant sur l'épaule le manteau de lin qui le recouvrait sans le charger, et lui permettait d'accomplir . son ministère avec diligence. Ce costume, si je ne me trompe, est le costume en usage chez les moines qui exécutent les travaux manuels, revétus de la tunique et du scapulaire. Les scapules sont-elles autre chose, en effet, que les épaules, et le scapulaire autre chose que l'éphod ? Enfin, qui pourrait trouver mauvais que Samuel, bien que tout enfant, ait servi le Seigneur parmi les lévites, ainsi qu'Héli a donné l'ordre de le faire, nul ne se trouvant dans la maison digne de remplir l'oflice de lévite? On connait le proverbe : « La nécessité ne connait pas de loi. »

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