‹ Lettres d'Alphonse d'Herbelot à Charles de Montalembert et à Léon CornudetChapitre 27 sur 38 · JUILLET · texte numérisé non relu

JUILLET

de l'Église, que nier ce dogme, c'est donc faire outrage à la religion? Voilà donc ce tribunal qui s'érige en juge de la foi et décide de la véracité de tel ou tel dogme ! C'est probablement pour suppléer à ces conciles généraux qui ne s'assemblent plus ! Et puis, qu'est-ce qu'un outrage à la religion? Je comprends bien qu'on puisse outrager les hommes qui professent une religion, si on leur dit, par exemple, qu'ils mentent ou sont des imbéciles; mais la religion, c'est une abstraction, c'est une création de notre idée qu'on ne peut ni frapper ni souffleter, qui ne souffre pas réellement de ce qu'on fait contre elle ; vouloir venger ses outrages, c'est retomber, à vrai dire, dans cette ridicule prétention de venger Dieu lui-même. Ce n'est pas que j'approuve l'article du Courrier, je le trouve inconvenant, mais point insultant. Je regrette d'ailleurs que Mérilhou ^ n'ait pas compris sa position, et se soit ingénié à faire le théologien catholique, quand il pouvait, d'un mot, placer l'avocat du roi sur un terrain où il l'eût facilement écrasé, celui de la libre discussion et de l'examen de tous les cultes, permis par la Charte. Je ne vous parlerai pas de M. Menjaud 2, qui appelle athées, puis sceptiques ceux qui ne sont pas catholiques. Cet homme, arrivé au poste qu'il occupe à travers les sacristies de l'archevêque de Sens, fait vraiment pitié, et veut renouveler Marchangy 3, qu'il rappelle assez, moins le talent. Il

1. Joseph Mérilhou (1788-1856), conseiller-auditeur à la cour de Paris (février 1814), substitut du procureur général aux Gent-Jours, éliminé (1816), avocat, conseiller d'État (i83o), ministre de Tinstruction publique (novembre i83o), de la justice (décembre), député (i83i-i834), conseiller à la Cour de cassation (i832), pair de France (1837).

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